Publicité
La bourse ferme dans 7 h 18 min
  • CAC 40

    8 144,95
    -51,01 (-0,62 %)
     
  • Euro Stoxx 50

    5 053,33
    -21,01 (-0,41 %)
     
  • Dow Jones

    39 806,77
    -196,82 (-0,49 %)
     
  • EUR/USD

    1,0865
    +0,0004 (+0,03 %)
     
  • Gold future

    2 423,40
    -15,10 (-0,62 %)
     
  • Bitcoin EUR

    65 344,07
    +3 697,67 (+6,00 %)
     
  • CMC Crypto 200

    1 525,51
    +36,96 (+2,48 %)
     
  • Pétrole WTI

    78,93
    -0,87 (-1,09 %)
     
  • DAX

    18 718,95
    -50,01 (-0,27 %)
     
  • FTSE 100

    8 384,73
    -39,47 (-0,47 %)
     
  • Nasdaq

    16 794,88
    +108,91 (+0,65 %)
     
  • S&P 500

    5 308,13
    +4,86 (+0,09 %)
     
  • Nikkei 225

    38 946,93
    -122,75 (-0,31 %)
     
  • HANG SENG

    19 212,11
    -424,11 (-2,16 %)
     
  • GBP/USD

    1,2707
    +0,0001 (+0,01 %)
     

Le déploiement d'armes nucléaires russes en Biélorussie représente-t-il une menace pour l'Europe?

Le déploiement d'armes nucléaires russes en Biélorussie représente-t-il une menace pour l'Europe?

"Le transfert des charges nucléaires a commencé", a déclaré le chef de l'État biélorusse Alexandre Loukachenko dans une vidéo diffusée sur Telegram jeudi, indiquant que son homologue russe, Vladimir Poutine, avait donné son feu vert à la livraison d'ogives nucléaires dans son pays. Une menace proférée le 25 mars dernier, que le maître du Kremlin a donc mis à exécution.

Il s'agit du premier déploiement de ce type de bombes par le Kremlin en dehors de la Russie depuis la chute de l'Union soviétique en 1991. L'annonce avait déjà été dénoncée par la communauté internationale et fait craindre une "nouvelle menace" sur le sol européen.

Ces armes tactiques en cours de déploiement en Biélorussie sont une nouvelle génération d'armes nucléaires, moins puissantes que les armes nucléaires traditionnelles, mais dont la puissance serait tout de même dévastatrice.

"Impressionner les Occidentaux"

Comment interpréter ce transfert d'armes par le Kremlin? "Vladimir Poutine c'est la guerre pour l'empire de la Russie, et tous les moyens sont bons pour essayer de dissuader les Occidentaux de continuer à aider l'Ukraine", fait valoir Ulysse Gosset, éditorialiste politique internationale de BFMTV. La menace nucléaire, le président russe e en joue "depuis le début du conflit", mais la question est de savoir si "elle est réelle ou pas".

PUBLICITÉ

"S'il est acculé, s'il perd Bakhmout, s'il perd telle ou telle région d'Ukraine, Vladimir Poutine pourrait être amené à faire des choses que l'on n'imagine pas aujourd'hui, c'est le risque de cette guerre, qu'elle dérape et qu'elle nous entraîne dans un scénario infernal", met en garde Ulysse Gosset.

Jusqu'à présent, cela ne s'est toutefois heureusement pas produit. Mais la Biélorussie est devenue "une sorte de rampe de lancement" des armes pour le président russe, entre tirs de missiles ou de drones, estime-t-il.

La mise à exécution de cette menace pourrait être un nouveau moyen pour le maître du Kremlin d'essayer d'"impressionner les Occidentaux". Et ce au moins à l'échelle européenne, voire d'autres continents.

"Dans l'immédiat, c'est le territoire ukrainien" qui est visé, mais "en réalité c'est le territoire étranger européen voire américain. Il veut aussi impressionner les Chinois", a déclaré sur le plateau de BFMTV Sergueï Jirnov, ancien officier de renseignement du KGB.

"Une nouvelle menace contre l'Ukraine et toute l'Europe"

L'opposante biélorusse en exil Svetalana Tikhanovskaïa, a évoqué jeudi sur son compte Twitter "une nouvelle menace contre l'Ukraine et toute l'Europe", en plus de mettre "en danger la vie des Biélorusses".

"Même lorsqu'ils parlent d'armes nucléaires tactiques, la plupart d'entre elles sont encore aussi puissantes que la bombe atomique qui a tué 140.000 personnes à Hiroshima", a-t-elle souligné.

"Si nous ne réagissons pas, d'autres dictateurs aux ambitions nucléaires se sentiront encouragés à faire monter les enchères", a encore estimé Svetalana Tikhanovskaïa.

Une menace concrète?

Le président russe pourrait-il toutefois en venir à utiliser ces armes contre l'ouest de l'Europe? "Poutine ne peut pas attaquer ni l'Occident ni l'Otan, parce qu'il sait que s'il commettait cette erreur, il serait foudroyé", nuance Ulysse Gosset.

Selon lui, le chef de l'État Russe "ne fait pas le poids face à l'Amérique. Il a déjà du mal à envahir un petit État comme l'Ukraine, un grand État européen mais un petit pays comparé à l'Amérique".

Guillaume Ancel, ancien officier de l'armée française et spécialiste défense, estime quant à lui que ce transfert d'armes en Biélorussie n'est "pas très inquiétant" pour les pays voisins, car "les armes russes ont toutes une portée suffisante pour pouvoir atteindre les cibles qu'elles veulent, que ce soit au départ de Russie ou de Biélorussie", a-t-il justifié sur Franceinfo vendredi matin.

Selon le spécialiste, ce sont surtout les Biélorusses qui vont pâtir de cette situation. "Avoir des armes nucléaires sur leur territoire, ça veut dire qu'ils ont un collier au cou, puisque ce sont les Russes qui vont les contrôler", explique-t-il.

Avec cette "escalade", Vladimir Poutine a également "fâché" les Chinois, selon Sergueï Jirnov. Lors d'une visite de Xi Jinping à Moscou, l'homologue de Vladimir Poutine l'a "obligé à signer le papier comme quoi il arrêtait cette escalade nucléaire. Il n'emploie non pas seulement les armes, mais la menace des armes". "Il y a une guerre froide actuellement entre les Russes et les Chinois", selon lui.

Une annonce dénoncée par la communauté internationale

Le Japon a également annoncé ce vendredi "condamner" l'intention de la Russie de déployer des armes nucléaires tactiques en Biélorussie. Le porte-parole du gouvernement Hirokazu Matsuno a appelé les deux pays à "cesser de telles actions qui aggraveraient les tensions". La menace nucléaire russe, sans même parler de l'usage de telles armes, "ne pourra jamais être tolérée", a-t-il rappelé.

Le département d'État américain a aussi dénoncé le plan de déploiement, mais a déclaré que Washington n'avait pas l'intention de modifier sa position sur les armes nucléaires stratégiques et ne voyait aucun signe que la Russie se préparait à utiliser une arme nucléaire.

Le Kazakhstan s'est également dit opposé à la possibilité d'intégrer une union plus étroite sur le modèle de celle existante entre la Biélorussie et la Russie, qui oeuvre pour maintenir une influence contestée sur ses alliés en Asie centrale.

Ce vendredi, l'Ukraine a de nouveau été visée par des salves de missiles russes, avec notamment une clinique touchée à Dnipro où au moins deux personnes ont été tuées, une frappe dénoncée par le président Volodymyr Zelensky comme un "crime contre l'humanité".

Article original publié sur BFMTV.com