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Dépenses publiques : le vrai coût du "quoi qu'il en coûte" macronien

·1 min de lecture

Le maintien des aides et les dépenses de santé creusent le déficit public.

Pour les finances publiques, le retour à la normale est encore loin d'être en vue.

En présentant son projet de loi de finances rectificative le 2 juin, le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, a prévenu que le déficit grimperait encore de 9,2 % du PIB en 2020 à 9,4 % en 2021, malgré la reprise économique. Du jamais-vu même durant la crise financière de 2008 (voir graphique).

Lors du budget initial, présenté à l'automne, le déficit était censé reculer à 8,5 % cette année. Mais l'Etat a dû remettre au pot pour compenser les effets persistants des restrictions sanitaires sur l'activité : 39 milliards d'euros de plus, dont 29 provenant de crédits non consommés en 2020 et une rallonge de 10 milliards pour financer le fonds de solidarité aux entreprises, le chômage partiel et des exonérations de charges. Côté Sécurité sociale, les dépenses de santé devraient aussi déraper de près de 10 milliards, en raison de la campagne de vaccination, des tests et de la suractivité des hôpitaux. Avec un tel niveau de déficit, la dette publique continuerait elle aussi à se creuser, passant de 115,1 % à 117,2 % du PIB en 2021.

Une dette nécessaire

Est-ce grave ? Non, répondent les experts. « Nous vivons dans un environnement particulier avec des taux d'intérêt réels négatifs, ce qui nous permet de nous endetter sans problème », estime Olivier Blanchard, l'ancien chef économiste du FMI. Selon lui, cette dette est nécessaire pour amortir le choc à court terme et « investir pour les générations futures ». La Commission européenne, pourtant gardienne de l'orthodoxie budgétaire, est du même avis. Elle vient ainsi de prolonger jusqu'en 2022 la clause permettant de déroger aux règles du Pacte de stabilité.

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