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La culture de la triche exposée au grand jour dans la Silicon Valley

·2 min de lecture

Accusée de fraude à grande échelle, la fondatrice de la biotech Theranos risque vingt ans de prison. En arrière-plan, c’est tout le modèle« Fake it »des start-up américaines qui est jugé.

Voix grave, regard bleu intense, pull à col roulé noir… Elizabeth Holmes a longtemps surjoué l’évangéliste technologique. Avec sa start-up Theranos, qu’elle avait fondée à 19 ans en 2003, après avoir abandonné ses études à Stanford, la jeune femme promettait de chambouler les biotechs comme Steve Jobs avait révolutionné l’informatique. Son invention devait transformer l’industrie des tests sanguins, ringardiser les labos. Aujourd’hui, elle risque jusqu’à vingt ans de prison dans un procès ultramédiatisé ouvert le mercredi 8 septembre à San José, en Californie.

Elle est accusée de fraude à grande échelle. Sa machine n’a, en réalité, jamais fonctionné. Son business de tests sanguins devait rapporter un milliard de dollars en 2015. Theranos a péniblement affiché quelques centaines de milliers de dollars de chiffre d’affaires. En arrière-plan, c’est le modèle de la Silicon Valley et des start-up américaines qui est en procès, et, plus précisément, son mode de fonctionnement résumé dans une maxime : « Fake it until you make it ». Que l’on peut traduire par : « Faites semblant jusqu’à ce que vous y arriviez ».

Une méthode qui a guidé certains des plus grands entrepreneurs américains. Steve Jobs et Bill Gates ont souvent menti par omission, annonçant, tambour battant, des nouveautés qui n’étaient pas au point. Les fondateurs de PayPal, Airbnb ou Uber ont aussi joué avec ce concept et avec la loi. « Cela fait partie de la culture du voyou éclairé, commente le consultant Georges Nahon, ancien patron de l’Institut Orange. Ils sont souvent tricheurs, toujours à la limite entre le vrai et le faux. Tout comme la frontière est floue entre le génie et la folie, elle l’est entre l’entrepreneuriat et la criminalité. »

Vidéo truquée

Le problème de ce modèle, c’est qu’il est facilement récupérable par des charlatans. Longue est la liste de ces arnaqueurs qui sont souvent parvenus à lever plusieurs dizaines de millions de dollars avant d’être démasqués et débarqués par leur conseil d’a[...]

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