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La croissance mondiale menacée par l'épidémie

Bête noire des investisseurs, l'incertitude règne désormais en maître sur l'économie mondiale. La propagation du coronavirus aura sans conteste un lourd impact conjoncturel, mais il est «trop tôt» pour le quantifier, clament les économistes, qui font face à un mur d'inconnues.

Combien de temps durera l'épidémie ? Jusqu'où iront les mesures d'endiguement ? Quelle sera la réponse des États ? Les grandes banques centrales vont-elles emboîter le pas à la Fed, qui a abaissé en urgence son taux directeur ? L'espoir d'une épidémie cantonnée à la Chine a volé en éclats lors du week-end des 22 et 23 février, qui a vu une multiplication des foyers d'infection hors de l'empire du Milieu.

Dans ce pays d'où est parti le virus, les évolutions sont d'ailleurs moins alarmantes. Le nombre de nouveaux cas diminue et les usines redémarrent – quoique mollement. L'activité a en tout cas subi un violent trou d'air en février, tant dans le secteur manufacturier que dans les services.

Mais au niveau mondial, il ne s'agit plus d'évaluer le seul impact indirect de la chute de la demande et des ruptures de chaînes d'approvisionnement en Chine.

Spirale de perte de confiance

Les quelque 80 pays touchés vont subir une paralysie ponctuelle liée aux restrictions imposées par les gouvernements – à l'image des mesures de confinement en Italie – entraînant une désertion des salariés de leurs lieux de travail, des arrêts de production, etc.

Un choc d'offre qui «s'apparente à celui d'une grève», expliquent les économistes de Natixis. «Si cette analogie est correcte, il faut s'attendre à un rebond en V de la croissance une fois l'épidémie maîtrisée», poursuivent-ils.

Mais ce scénario théorique n'est plus celui privilégié à l'heure où la crise se globalise, faisant craindre une spirale de perte de confiance. Le stress des consommateurs est visible : les ménages voyagent moins, suspendent leurs Cliquez ici pour lire la suite