La bourse ferme dans 8 h 2 min

Crise : le bâton pour les salariés, la carotte pour les actionnaires

*

Avec les actionnaires et les pontes du CAC 40, il faut être gentil, prévenant, courtois, bref bienveillant. Ce sont des gens très susceptibles.

Bruno Le Maire, ministre de l’Economie, a donc profité d’un passage sur les ondes de France Info pour lancer cette supplique : « Je demande à toutes les entreprises, notamment les plus grandes, de faire preuve de modération (…) sur le versement des dividendes ». Et de poursuivre : « C’est un moment où tout l’argent doit être employé pour faire tourner l’entreprise, pour s’assurer qu’elle redémarre dans de bonnes conditions ».

Les groupes géants sont au chaud

Une supplique pour souhaiter une « modération », c’est ce qui s’appelle prendre des gants préalablement désinfectés. Quand il a décidé de raboter les droits sociaux sous prétexte de coronavirus, le gouvernement a été autrement plus directif. Il a fait voter une loi d’urgence sociale piétinant le Code du travail, destinée en principe à être temporaire, mais sans certitude pour l’avenir. En la matière, l’expérience prouve que le temporaire peut durer et que des restrictions passagères finissent par devenir pérennes. Bref, la méfiance est de rigueur.

En attendant, seuls les salariés sont soumis à des mesures coercitives. Pendant que les dirigeants des groupes géants sont au chaud, et les hauts cadres devant leurs ordinateurs, les ouvriers, les techniciens et les employés doivent travailler plus longtemps, sacrifier une partie de leurs congés payés (ou de leurs RTT) ou bosser dans les pires conditions, souvent sans masque, à leurs risque et périls, au nom de la « relance ». Ce n’est pas encore aujourd’hui qu’on va mélanger la piétaille et les premiers de cordée.

Lire la suite