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En Crète, les saisonniers manquent à l'appel après deux années de Covid

Chryssa Vertakis a "le sourire: l'hôtel est déjà presque complet pour l'été". Mais, comme beaucoup de professionnels du tourisme, cette propriétaire d'un complexe hôtelier luxueux de Crète "manque cruellement de saisonniers".

Cette année, les hôteliers grecs ont ouvert deux mois plus tôt que l'an dernier, le gouvernement ayant lancé la saison touristique en mars au lieu de mai.

Mais dans son établissement de la plage d'Agia Marina, à l'ouest de La Canée, Chryssa n'a pas pu ouvrir son restaurant faute de chef et de cuisiniers. "Je m'y suis prise pourtant bien à l'avance, j'ai mis une annonce depuis le mois d'octobre", explique la quadragénaire à l'AFP.

Elle manque aussi de femmes de ménages, car plusieurs de ses employées originaires de Bulgarie sont retournées dans leur pays lors des confinements successifs et ne sont pas revenues.

Même constat dans un autre hôtel de la station balnéaire. Nektarios Seremetis, gérant des restaurants et bars du Thalassa Beach Resort, recherche toujours trois serveurs pour la saison qui s'achève mi-octobre.

"Ceux qui travaillaient pour nous en 2019 sont partis à l'étranger. Ils ont été recrutés à Chypre ou en Italie où les salaires sont meilleurs", déplore-t-il.

- 50.000 postes non pourvus -

Andreas Andreadis, président honoraire de la Confédération des entreprises touristiques grecques, a tiré la sonnette d'alarme fin avril sur Twitter: "Il y a un manque gigantesque de personnel... Plus de 50.000 postes ne sont pas pourvus".

Pour combler le manque de saisonniers, le ministre du Tourisme Vassilis Kikilias a proposé d'embaucher des réfugiés ukrainiens: "ces personnes ne pourraient-elles pas être absorbées dans le marché du travail et aider le secteur" du tourisme?, demandait-il fin mars.

Nektarios ne serait pas contre l'idée: "s'ils parlent anglais, ce serait évidemment possible mais pour l'instant nous n'avons que peu de réfugiés ukrainiens" en Crète, la plus grosse île grecque.

Pour booster son tourisme, qui représente près de 25% du PIB, la Grèce a commencé dès février à lever les restrictions contre le Covid-19 : le test de dépistage à la frontière n'est plus obligatoire pour les voyageurs munis d'un certificat de vaccination européen.

À partir du 1er mai, le pass sanitaire ne sera plus requis. Quant au port du masque, il ne sera plus obligatoire dans les espaces clos dès le 1er juin.

"Cette année, avec les restrictions levées plus tôt, nous espérons retrouver le niveau de 2019, mais sans personnel pour accueillir autant de monde, ce sera problématique" s'inquiète Chryssa.

L'année 2019 reste une année de référence pour le secteur avec un nombre record de 33 millions de touristes en Grèce. En 2021, le nombre de visiteurs a augmenté de 94% sur un an, sans pour autant atteindre les bons chiffres de 2019.

- Revalorisation des salaires ? -

A quelques kilomètres, sur la plage de Chryssi Akti, Alexandros Pantelakakis sera sans doute seul cet été pour s'occuper des parasols et des chaises longues. Son acolyte des années précédentes a trouvé un travail à l'année dans un café à Athènes.

Pour cet étudiant, "le coronavirus a eu des conséquences dramatiques pour de nombreux saisonniers".

"Les deux dernières années, ils n'ont pas obtenu assez d'aides de l’État pour survivre, ils n'avaient pas cotisé assez pour obtenir des allocations chômage et les saisons étaient de toute façon raccourcies avec le Covid-19. Ils sont nombreux à avoir changé de voie", explique-t-il.

Le syndicat grec des employés de la restauration estime qu'une revalorisation des salaires et de meilleures conditions de travail pourraient attirer de nouveau les saisonniers: "Certaines entreprises demandent du personnel pour l'été, sans leur concéder de jour de repos avec 10 à 12h de travail quotidien, en leur offrant le logement et la nourriture mais avec une rémunération d'à peine 700 euros par mois, ce n'est pas possible", s'insurge le syndicat.

Mais avec l'inflation qui frôle les 8% en Grèce selon Eurostat, de nombreux employeurs peinent à joindre les deux bouts.

"Les prix de l'énergie mais aussi des aliments, des produits de première nécessité, ont augmenté. Les salaires proposés sont faibles mais nous ne pouvons pas mieux payer les saisonniers car nous-mêmes nous faisons face à une situation difficile avec nos dépenses qui sont en hausse de plus de 15% par rapport à l'an dernier", constate, amère, Chryssa.

Le Premier ministre grec a annoncé une hausse de 50 euros du salaire minimum grec, à 713 euros par mois, au 1er mai.

"Une goutte d'eau dans l'océan face à l'augmentation incessante du coût de la vie", estime Alexandros.

mr/chv/mav

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