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Covid-19: Pourquoi Agnès Buzyn est devenue l'ennemie publique numéro un

POOL/AFP/Archives - Alain JOCARD

EDITO - Le témoignage d’Agnès Buzyn, ex-ministre de la Santé aujourd’hui mise en examen pour "mise en danger de la vie d'autrui" dans la gestion de la crise du Covid-19, en dit long sur la difficulté de l’action politique.

J'ai beaucoup d’estime pour Agnès Buzyn, qui fut notre ministre de la Santé de 2017 à 2020, donc notamment, pour son malheur, au tout début de la pandémie de Covid-19. Qu’elle soit mise en examen pour "mise en danger de la vie d’autrui" m’a toujours paru une inquiétante aberration. J’y vois une nouvelle illustration de ce que je dénonce depuis des années: la judiciarisation croissante de notre vie politique, qui consiste à demander aux tribunaux - et non plus aux électeurs - de juger du bien-fondé d’une politique ou de sanctionner d’éventuels échecs.

C’est nous tirer une balle dans le pied: s’ils se savent perpétuellement passibles d’une sanction pénale, nos ministres ne penseront plus qu’à se protéger, privilégiant l’action la moins risquée (pour eux) plutôt que la plus efficace (pour le pays). Politique de gribouille et de pantouflards, qui font payer à d’autres, bien sûr après-coup, des risques qu’eux-mêmes seraient bien incapables de prendre! Une mise en examen n’est pas la même chose qu’une condamnation. Attendons donc que la Cour de justice de la République rende son verdict… Mais il se trouve que Le Monde, dans son édition datée du 26 octobre, vient de publier un long article qui relate par le menu la façon dont Agnès Buzyn vécut cette si difficile période.

Le sentiment d'une très grande solitude

Ce qui en ressort, outre le poids des circonstances, des incertitudes et des responsabilités, c’est le sentiment d’une très grande solitude. Si l’on se fie à son témoignage, celle qui était alors ministre de la Santé comprit très tôt la gravité de ce qui allait devenir une pandémie et fit tout ce qu’elle put pour alerter le président de la République et son Premier ministre. Mais à l’époque, au tout début de l’année 2020, la France et ses dirigeants ont d’autres soucis en tête: la réforme des retraites et les grèves qu’elle suscite, y compris dans les hôpitaux, sans parler des élections municipales prévues pour le mois de mars…

On connaît la suite: multiplication de[...]

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