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Covid-19 : des passages restreints à la frontière franco-allemande en Moselle

·4 min de lecture

L'Allemagne va renforcer ses contrôles à la frontière avec la France, après avoir décidé de classer la Moselle comme zone à risque maximal à partir de lundi soir en raison de la circulation des variants du Covid-19. Un test PCR ou antigénique de moins de 48 heures sera notamment obligatoire dès mardi pour les travailleurs transfrontaliers.

Le secrétaire d'État français aux Affaires européennes, Clément Beaune, a confirmé, dimanche 28 février sur France Inter, que Berlin avait informé Paris de son intention de classer à partir de lundi soir la Moselle en zone à risque maximal en raison du Covid-19.

L'Allemagne va restreindre les passages à sa frontière en provenance de France, mais renonce à une quasi-fermeture comme avec la République tchèque et l'Autriche.

"Le département français de Moselle sera considéré à partir du 2 mars à (minuit) comme zone affectée par les variants" du coronavirus, soit la catégorie la plus élevée dans l'échelle de risque en Allemagne pour le Covid-19, qui en compte trois, a indiqué le ministère de la Santé.

En conséquence, à partir de cette date, les personnes entrant sur le territoire allemand "devront présenter un test PCR ou antigène" négatif, a-t-il ajouté. La préfecture de la Moselle a précisé, dimanche en fin de journée, qu'un test PCR ou antigénique, avec prélèvement de moins de 48 heures, sera obligatoire sans aucune exception à partir de mardi à minuit pour pénétrer en Allemagne depuis le département français.

"Une obligation de déclaration électronique à chaque entrée sur le territoire allemand" sera également obligatoire, a ajouté la préfecture.

"La frontière ne sera pas fermée"

Une chose est acquise : l'Allemagne n'a pas l'intention d'introduire à sa frontière avec la Moselle des contrôles de douane systématiques, contrairement à ce qu'elle avait fait au printemps 2020 au début de la pandémie à la frontière française, ce qui avait créé des tensions avec Paris et entre les populations locales. Contrairement aussi à ce que Berlin a déjà mis en place en février avec la République tchèque et la Tyrol autrichien.

"La frontière ne sera pas fermée", a indiqué dimanche à l'AFP un porte-parole du ministère de l'Intérieur, notamment car les régions allemandes limitrophes de la Moselle, la Sarre et la Rhénanie-Palatinat, ne l'ont pas demandé, mais aussi parce que les autorités régionales de part et d'autre de la frontière "coopèrent étroitement" sur cette question.

Les contrôles policiers doivent être aléatoires et à l'intérieur du territoire allemand dans la zone frontalière, a-t-il précisé. La France va donc bénéficier d'une forme de traitement de faveur.

Car le passage d'une région en zone de variants "est un classement qui implique normalement – c'est ce qu'a fait l'Allemagne à l'égard de l'Autriche ou de la République tchèque – des mesures extrêmement strictes de quasi-fermeture des frontières", a déclaré Clément Beaune sur France Inter.

Un traitement de faveur critiqué par l'Autriche

"Cela, on n'en veut pas" pour les 16 000 travailleurs frontaliers de Moselle, a-t-il dit, précisant être en discussions avec Berlin pour "essayer d'atténuer ces mesures le plus possible". Il a ainsi suggéré des tests "qui ne soient pas obligatoires chaque jour mais tous les deux ou trois jours".

Les contrôles mis en place par l'Allemagne avec la République tchèque et la région autrichienne du Tyrol l'ont été pour les mêmes raisons que la Moselle : la crainte d'une nouvelle vague de contamination au Covid-19 liée aux variants du virus, ce qui a suscité des critiques en Autriche notamment mais aussi de la part de l'Union européenne.

La Commission européenne, elle, s'est émue de voir la libre circulation à l'intérieur de l'UE ainsi remise en cause.

À la frontière avec la Moselle, "il faut donner l'exemple et revenir à un dispositif plus allégé", a plaidé Clément Beaune, en arguant d'un "esprit franco-allemand coopératif" pour "éviter de revenir à ce qu'on a vécu douloureusement" au début de la pandémie.

Ce traitement de faveur a déjà suscité des commentaires négatifs du chancelier autrichien, Sebastian Kurz. "Il y a en Allemagne, en fonction des directions géographiques, des différences de rigueur en matière de règles à la frontière", a-t-il ainsi regretté ce week-end dans une interview au quotidien allemand Merkur.

"Il est tout à fait approprié en période de pandémie de tendre un filet de sécurité avec des tests, des masques, etc. Mais ce n'est à mon avis pas le cas pour des mesures qui mettent en danger le marché intérieur (européen), qui impliquent que les gens ne puissent se rendre sur leur lieu de travail ou que des familles soient séparées", a-t-il dit.

Avec AFP