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Covid-19: l'Espagne décrète l'état d'urgence sanitaire et instaure un couvre-feu

·6 min de lecture

L'explosion des cas de Covid-19 contraint le gouvernement espagnol à prendre de nouvelles mesures. Pedro Sanchez a annoncé, dimanche 25 octobre, l'instauration d'un état d'urgence sanitaire jusqu'en mai 2021, ainsi qu'un couvre-feu de 23h à 6h sur tout le pays, excepté les îles Canaries. Le Premier ministre espagnol évoque une « situation extrême » dans un pays où près de 35 000 personnes ont succombé au coronavirus.

Comme plusieurs autres pays européens confrontés à la deuxième vague de Covid-19, l'Espagne se mobilise. Le Premier ministre, Pedro Sanchez, s'est adressé à la population dans une allocution télévisée, dimanche 25 octobre, après un Conseil des ministres extraordinaire. Le gouvernement réagit face à la dégradation de la situation sanitaire cet automne.

« Mon obligation en tant que Premier ministre est d’être fidèle à la réalité et de vous la communiquer telle qu’elle est, a déclaré Pedro Sanchez. La situation est grave. L’Espagne a cette qualité mais qui, en ces temps de pandémie, peut s'avérer comme un talon d’Achille : c’est que non seulement nous aimons notre vie sociale, mais aussi notre famille et le contact humain. Nous sommes faits ainsi et nous n'allons pas changer ».

« Mais aujourd'hui, le temps est venu de mettre de la distance entre nous, a-t-il poursuivi. Nous allons donc ouvrir une parenthèse pour sauver des vies et pour préserver notre santé. Car la famille, les amis peuvent se transmettre le virus. A partir de maintenant, il sera donc interdit de circuler entre 23h du soir et 6h du matin. Dans tout le pays, sauf dans les îles Canaries, où la situation sanitaire est actuellement très positive »

L'« état d'alerte », nom donné en Espagne à l'état d'urgence sanitaire, est instauré avec effet immédiat. Selon la Constitution, celui-ci aura une durée initiale de 15 jours. Mais le gouvernement voit plus loin. Pedro Sanchez demandera aux députés de « le prolonger jusqu'à début mai ». La date du 9 mai 2021 est avancée. Le Premier ministre ne devrait pas être contredit, puisqu'une majorité des députés sont favorables à cette prolongation.

« La situation que nous traversons est extrême »

Cet état d'urgence sanitaire, qui doit durer plus de six mois, n'est pas la seule mesure importante annoncée. Est aussi instauré un couvre-feu nocture sur tout le pays, hormis l'archipel des îles Canaries, peu touché par le Covid-19. En principe, les Espagnols ne pourront pas sortir de chez eux entre 23 heures et 6 heures. Mais Pedro Sanchez accorde aux 17 régions la possibilité d'avancer ou de retarder d'une heure le début et la fin de ce couvre-feu, en fonction des caractéristiques locales.

L'Espagne, qui déplore près 35 000 décès dus au coronavirus, est devenu mercredi 21 octobre le premier pays de l'Union européenne à compter plus d'un millions de cas de Covid-19. Deux jours plus tard, le Premier ministre avançait même plus de trois millions de cas dans le pays depuis que le virus y a fait son apparition. « La situation que nous traversons est extrême », a déclaré Pedro Sanchez dimanche.

Pedro Sanchez veut éviter « à tout prix » un reconfinement total

L'état d'alerte appliqué désormais sur presque tout le territoitre est « l'outil le plus efficace pour infléchir la courbe des contagions », a poursuivi le chef du gouvernement, après un Conseil des ministres qui a duré plus de deux heures. L'état d'alerte permettra notamment d'empêcher que des tribunaux puissent à nouveau contrer des mesures de restriction des libertés, comme le couvre-feu.

Les personnes allant travailler ou ayant besoin de soins ou de médicaments pourront se déplacer entre 23h et 6h. Pedro Sanchez espère pouvoir lever l'état d'alerte et le couvre-feu le plus tôt possible. Appelant au soutien de tous les partis politiques, il invite ses concitoyens à la plus grande prudence. « Restons chez nous autant que possible. Plus nous restons à la maison, plus nous sommes protégés et plus les autres le sont », a-t-il martelé. L'objectif est aussi d'éviter « à tout prix » un reconfinement strict et total, comme au pritemps.

Drame économique

Parce qu'il souhaite à tout prix éviter un reconfinement total, le gouvernement de Pedro Sanchez laisse une certaine marge de manoeuvre aux régions pour appliquer ces nouvelles mesures. Car les perspectives économiques ne sont déjà pas bonnes. L’Espagne a vu le pilier de son économie, le tourisme, frappé de plein fouet par l’irruption du virus au printemps, suivi d’un été calamiteux, faute de voyageurs étrangers, notamment en Catalogne et à Madrid.

L’Espagne est le pays de l’OCDE qui connaîtra la pire contraction de son économie cette année. Le produit intérieur brut (PIB) devrait chuter de 11,2% selon le gouvernement, de 12.8% même selon le FMI. Quant au taux de chômage qui devrait atteindre les 17% cette année, il mettra du temps à reculer.

L'Espagne, qui a moins de marge budgétaire que ses voisins, mise beaucoup sur le plan de relance massif de l'Union européenne. Le pays sera le deuxième plus gros bénéficiaire des fonds européens après l’Italie, avec 140 milliards d’euros. Pedro Sanchez affirmait encore en début de ce mois que 800 000 emplois pourraient être créés dans les prochaines années grâce aux investissements d’avenir rendus possibles par les fonds européens.

Couvre-feu avancé en Catalogne

L'annonce d'un couvre-feu était attendu par la population, rapporte notre correspondante à Barcelone, Elise Gazengel. Restait à savoir l'heure exacte. La Catalogne a choisi au plus tôt : 22h et dès ce dimanche plusieurs Barcelonais accusaient le coup, à l'image de Marc Rovira, 34 ans, qui déclare :

« Ça ne m'a pas plu que la région décide cela parce que depuis la pandémie j'ai l'impression que la Catalogne veut toujours faire plus et mieux que les autres en fermant toujours plus que ce que fait le reste de l'Espagne. Je trouve que c'est pour de mauvaises raisons. »

Depuis dix jours, la région avait ordonné la fermeture totale des bars et restaurants. Cristina Capdevila, jeune trentenaire au chômage partiel, partage une bière sur un banc public du centre-ville avec ses amies. Pour elle, difficile de garder le moral. « Déjà à Barcelone on sentait l'ambiance morose depuis qu'ils ont fermé les bars, alors en sachant ça là, les gens vont être encore plus tristes, se lamente-t-elle. Les bars et restos fermés, le couvre-feu en plus, c'est presque comme un reconfinement. »

Dès 22h ce dimanche 25 octobre, les dernières supérettes fermaient boutique et les retardataires pressaient le pas pour laisser place à un silence plus tout à fait inédit. Un air de déjà-vu, nécessaire selon les autorités pour éviter le reconfinement.