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Covid-19 : en Italie, plus de dîners au restaurant, de cinéma et de théâtre

·4 min de lecture
Des policiers italiens affrontent des manifestants d'extrême droite dans le centre de Rome dans la nuit du 24 octbre 2020

Covid-19 : en Italie, plus de dîners au restaurant, de cinéma et de théâtre

Des policiers italiens affrontent des manifestants d'extrême droite dans le centre de Rome dans la nuit du 24 octbre 2020

Cinémas, théâtres, salles de gym fermés, restaurants et bars interdits de servir après 18H00 : le Premier ministre italien Giuseppe Conte a renforcé dimanche les restrictions contre la pandémie de Covid-19, après la publication de chiffres record.

La décision du chef du gouvernement intervient malgré l'opposition des gouverneurs de régions et les manifestations nocturnes qui se sont produites ce week-end contre le couvre-feu.

A partir de lundi, les cinémas, les théâtres, les salles de gym et les piscines vont devoir fermer jusqu'au 24 novembre en vertu de ces nouvelles restrictions, tandis que les bars et les restaurants devront cesser de servir après 18H00, ont annoncé les services du Premier ministre.

21.273 nouveaux cas de Covid-19 ont été enregistrés ces 24 dernières heures en Italie, selon le comptage annoncé par les autorités dimanche, un record national. 

Au total, plus de 525.000 cas de contamination, dont 37.000 ont été mortels, ont été recensés dans le premier pays européen à avoir été durement frappé par la pandémie.

"L'objectif est clair : garder la courbe des contagions sous contrôle, car c'est le seul moyen de pouvoir gérer la pandémie sans être submergés", a expliqué dimanche le Premier ministre au cours d'une conférence de presse.

Il a ajouté que ces mesures étaient nécessaires pour éviter un reconfinement comme celui du printemps, que "le pays ne peut plus se permettre".

Les écoles et les maternelles resteront cependant ouvertes, alors que 75% des classes dans les lycées et les universités auront lieu en ligne. Les Italiens ont été appelés à éviter le plus possible les transports en commun et les déplacements hors de leurs quartiers.

"Cela va nous détruire", a réagi  Augusto d'Alfonsi, le propriétaire d'un restaurant familial de poissons, le Torricella, à Rome.

"Nous avons déjà perdu 50 pour cent de notre clientèle cette année. Sans aide gouvernementale, nous sommes finis", assure-t-il à l'AFP.

Les nouvelles mesures ont été annoncées quelques heures après une manifestation contre le couvre-feu de quelque 200 militants masqués du groupe néo-fasciste Forza Nuova, qui se sont heurtés aux forces antiémeutes dans la nuit de samedi à dimanche dans le centre de Rome.

A Naples (sud), des incidents avaient déjà éclaté la nuit précédente, lorsque des jeunes s'opposant au couvre-feu avaient affronté les forces de l'ordre.

- "Le couvre-feu ne marche pas" -

Ces incidents font suite aux décisions prises cette semaine d'imposer un couvre-feu dans trois régions : celles de Rome (Latium), de minuit à 05H00 du matin, et celles de Milan (Lombardie) et de Naples (Campanie) de 23H00 à 05H00. Le Piémont dans le nord et la Sicile dans le sud doivent suivre cette semaine. 

Mais les gouverneurs de régions ont averti que la fermeture des entreprises exacerberait les tensions sociales, après que le confinement du printemps a précipité l'Italie dans sa pire récession économique de l'après-guerre.

Giuseppe Spadafora, le numéro deux du lobby d'affaires Unimpresa, a prévenu que "la colère pourrait exploser dans les jours et les semaines qui viennent et devenir difficile à contrôler".

Le Premier ministre était cependant soumis à une intense pression de la communauté scientifique qui lui demandait d'agir pour combattre la propagation du virus.

"C'est un moment complexe, il y a beaucoup de fatigue dans le pays", a reconnu M. Conte. "La pandémie constitue un défi sévère pour nous, elle provoque la colère, la frustration. Elle crée aussi de nouvelles inégalités (...)", a-t-il ajouté.

Mais il a averti qu'il ne fallait pas "laisser la latitude à ceux qui se spécialisent dans les actions de protestation et les désordres sociaux", à la suite de la manifestation de l'extrême droite à Rome et des informations selon lesquelles celle de Naples a été orchestrée par le crime organisé.

De son côté, le conseiller de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) auprès du gouvernement italien, Walter Ricciardi, a averti qu'il ne restait que "quelques semaines pour intervenir".

"Nous avons besoin de confinements locaux, et même régionaux. Le couvre-feu ne marche pas", a-t-il déclaré au journal Il Messaggero. 

Une centaine de scientifiques avaient appelé cette semaine le gouvernement à agir, après qu'un médecin réputé, Giorgio Parisi, a averti que le pays aurait un taux de 500 morts par jour à la mi-novembre si de nouvelles mesures n'étaient pas prises.

"En mars, nous étions sur le point d'être heurtés par un camion roulant à 130 kilomètres à l'heure. Aujourd'hui, il se dirige vers nous à 60 kilomètres à l'heure", a-t-il déclaré samedi à La Repubblica. "Nous avons le temps de l'esquiver, mais si nous ne le faisons pas, même s'il va plus lentement, cela nous tuera tout de même".

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