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Les actionnaires de Generali tranchent en faveur du PDG sortant

Après une bataille acharnée, le verdict est tombé: les actionnaires de l'assureur italien Generali ont voté vendredi pour la reconduction du PDG Philippe Donnet, infligeant ainsi une défaite aux deux milliardaires frondeurs qui s'y opposaient.

Au total, 55,9% du capital représenté lors de l'assemblée générale s'est prononcé pour la liste du conseil d'administration sortant, alors que 41,7% ont opté pour celle du camp adverse, emmenée par le magnat de la construction Francesco Gaetano Caltagirone.

"La majorité s'est exprimée clairement et sans ambiguïté pour la liste présentée par le conseil d'administration sortant", a commenté M. Donnet, un polytechnicien français de 61 ans.

La fronde contre la reconduction du PDG avait été menée par deux grandes figures du capitalisme italien, M. Caltagirone, 79 ans, et Leonardo Del Vecchio, 86 ans, fondateur du fabricant de lunettes Luxottica et deuxième fortune d'Italie.

Malgré l'échec, M. Caltagirone est resté combatif: "tant que je considère que c'est raisonnable, je continuerai à travailler pour que le changement ait lieu", a-t-il prévenu dans un communiqué, estimant que "Generali peut faire mieux".

Selon lui, les actionnaires italiens ayant voté pour sa liste "veulent que Generali reste une entreprise enracinée en Italie et liée à l'Italie".

M. Donnet a pu compter sur les voix de Mediobanca, principal actionnaire avec 12,8% du capital mais 17,2% des droits de vote, la holding De Agostini (1,44%) et une série de fonds d'investissement, surtout étrangers.

Le choix des actionnaires institutionnels, soit 35% du capital, s'est révélé décisif pour cette bataille inédite. Les deux principales sociétés de conseil aux actionnaires ISS et Glass Lewis leur avaient recommandé de voter pour la liste de M. Donnet, jugée plus crédible.

- Appel à l'unité -

Face à M. Donnet, c'est Luciano Cirina, 56 ans, ancien responsable de la région Europe de l'est de Generali, qui avait brigué, en vain, le poste de PDG. Le groupe l'a limogé peu après l'annonce de sa candidature.

MM. Caltagirone (9,95%) et Del Vecchio (9,82%) ont reçu le soutien de la fondation CRT (1,7%), Cassa Forense (1,1%) et de la famille Benetton (4,75%), qui s'est ralliée à eux, préférant les candidats des "actionnaires entrepreneurs".

"Nous allons maintenant travailler tous ensemble avec détermination pour préserver les intérêts de tous les actionnaires", a promis M. Donnet, lançant ainsi un appel à l'unité.

Au sein du futur conseil d'administration, qui pourrait se réunir dès lundi, il devra cohabiter avec les trois représentants élus du camp adverse, dont M. Caltagirone, qui l'avait quitté avec fracas en janvier pour préparer sa propre liste. Les dix autres membres sont issus de la liste de M. Donnet.

Les frondeurs ont publié en mars un plan présenté comme étant "plus ambitieux" que celui du PDG, baptisé "Réveiller le lion", en allusion à l'emblème de l'assureur.

Ce plan table sur une hausse du bénéfice par action de plus de 14% par an d'ici 2024, contre 6 à 8% prévus par M. Donnet, et se montre plus généreux en termes de fusions-acquisitions, avec un trésor de guerre de 7 milliards d'euros.

- Réveiller le lion? -

Les dissidents font valoir que Generali a perdu du terrain par rapport à Allianz, Axa ou Zurich Insurance, avec une capitalisation qui a diminué de 8,2 milliards d'euros ces 15 dernières années.

Les partisans de M. Donnet rétorquent que depuis son arrivée en novembre 2016, le cours du titre a grimpé de 55%, bien au-dessus de la moyenne du secteur, et que le rendement des actionnaires s'est accru de 106%. Et en 2021, pour la troisième année d'affilée, l'assureur a affiché des résultats record.

Faut-il réveiller Generali? "Le lion s'est déjà réveillé ces dernières années, d'importantes transformations ont été réalisées", a commenté à l'AFP Giuliano Noci, professeur de stratégie à l'école Polytechnique de Milan.

Mais MM. Caltagirone et Del Vecchio n'ont sans doute pas dit leur dernier mot.

Ils pourraient ainsi augmenter la pression sur Mediobanca, leur principal adversaire dans la lutte pour le contrôle de Generali, qu'ils accusent d'agir en coulisse pour y imposer les dirigeants de son choix.

Les accusations portées contre Mediobanca sont d'autant plus explosives que M. Del Vecchio en est le principal actionnaire, avec une part de 19,4%, et que M. Caltagirone en détient 3,1%.

bh/glr/vk

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