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Coupe du monde: "Cette génération en équipe de France ne prend pas la pression", pense Jerome Kaino

Coupe du monde: "Cette génération en équipe de France ne prend pas la pression", pense Jerome Kaino

Vous avez remporté deux Coupes du monde, en 2011 et 2015. Quel souvenir vous laissent ces titres?

Gagner une Coupe du monde de rugby, c’est un Saint-Graal. C’est le sommet du rugby. Être impliqué dans deux finales de Coupe du monde, les gagner, c’est un des plus grands moments, certainement le meilleur de ma carrière.

Faites-vous une différence entre les deux?

Pour moi, les deux sont spéciaux. Mais je pense que 2011 l’était encore plus. A cause de la pression, de la physionomie du match, très serrée, la façon de jouer des Français et le fait que nous avions le devoir de l’emporter, à domicile… Le dernier quart d’heure a été particulier. La pression et ce soulagement que nous avons ressenti après ce match ont fait que c’était encore plus spécial qu’en 2015 ou nous pouvions voir que nous allions gagner le match face à l’Australie.

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Comment se mesurait la pression à l’époque? Sous quelle forme?

Vous savez quand vous êtes un joueur néo-zélandais, les attentes du pays et la pression mise sur les All Blacks pour qu’on gagne sont énormes. Tout le monde attend que vous l’emportiez. Quand je jouais, je ressentais cette pression.

C’est ce que va ressentir l’équipe de France…

Je ne pense pas. Parce que selon moi, si on prend notre exemple, après 2007, on a eu 80% de nouveaux joueurs. Leur mentalité était totalement différente des joueurs qui avaient vécu le mauvais souvenir de 2007. Ils ont amené de la fraîcheur, une nouvelle attitude. C’est comme si on ne se souvenait plus des éditions précédentes. On voulait juste être performants. Et je pense que c’est similaire pour cette équipe française. C’est une nouvelle génération, de nouveaux joueurs, qui n’ont pas trop expérimenté les échecs des précédentes Coupes du monde et les souvenirs qui vont avec. Donc je pense qu’être à domicile, c’est plus de confiance pour ces joueurs. Ils veulent juste jouer et s’exprimer, avec leur talent. Et ne pas se dire, 'oh, que va-t-il se passer?'. Cette nouvelle génération de l’équipe de France est d’une mentalité et d’un état d’esprit différent. Ils ne prennent pas la pression.

"Le match de 1994 est resté gravé dans ma mémoire"

Avant ce match d’ouverture entre Français et Néo-Zélandais, quel est ton souvenir de ces affrontements dans l’histoire?

Je me souviens de 1987. Pas de regarder les matchs, mais quand tu grandis dans un environnement samoan, tu connais évidemment Michael Jones (3e ligne de l’équipe de l’époque, ndlr). Cette année-là tout le monde parlait de ses essais. C’est mon principal souvenir à l’époque d’autant que c’est l’année où ma famille est arrivée en Nouvelle-Zélande. Donc c’est resté dans ma mémoire. Mais mon meilleur souvenir des duels entre les All Blacks et la France, c’est… (il hésite) 2011 ? En fait il y en a plein (sourire). Alors, ce n’est pas mon meilleur, mais en 1994, la dernière fois que les All Blacks ont perdu à l’Eden Park, avec toutes les légendes comme Philippe Sella, Philippe Saint André, Emile Ntamack… ce match est vraiment resté gravé dans ma mémoire. Quand les gens disent : 'French Flair', c’est vraiment le match qui me vient en tête.

Les imprévisibles Français?

Oui. Mais c’est différent maintenant par rapport à l’époque où on jouait les Français. Ils sont bien plus consistants et à chaque fois qu’ils jouent ils le font à un très haut niveau. Mais c’est vrai que contre les Français, vous pouvez vous préparer à ce qui va arriver et s’ils sont en feu, vous êtes sûrs de livrer une grande bataille. Ce match d’ouverture va être un marqueur important pour voir jusqu’où les deux équipes peuvent monter leur niveau. Pour les All Blacks, c’est un grand match pour eux, pour savoir où ils en sont. En terme de haute intensité, de niveau de Coupe du monde, car les Français vont monter leur niveau rugbystique.

Depuis la victoirehistorique des Français en 2021, on a moins parlé des All Blacks. N’est-ce pas un avantage pour eux d’arriver "cachés"?

Je ne pense pas en tous cas que ce soit un danger pour la France. Si quelque chose de cette performance de 2021 doit aider les Français, c’est qu’ils sont capables de hausser leur niveau. Mais c’est bien pour les deux équipes, car les All Blacks se rappelleront certainement de ce match. Le niveau, l’intensité, l’apport du public dans le stade, comment ce sera pour les Français. Mais je pense aussi que c’est de la confiance pour les Français, qui ont conscience que, quand ils le veulent, ils peuvent dominer durant ce match.

"Je veux voir ce duel d’avants"

Qu’allez-vous observer particulièrement?

Les avants! Sûr! Lors du dernier match en 2021, les avants français ont été dominants. Je veux juste voir ce duel entre avants. Les deux lignes de trois quarts sont bonnes, mais moi, je veux voir à quoi ressemblera la bataille entre avants.

Et un duel de demi de mêlée entre Antoine Dupont et Aaron Smith?

J’ai joué avec les deux ! Antoine, Aaron et beaucoup de joueurs dans les deux équipes. Pour moi, c’est un moment de grande fierté de voir ces deux joueurs face à face, représenter deux pays dont je suis proche. Ces trois dernières années, tout le monde a parlé d’Antoine Dupont. Il a été au centre de l’attention ces dernières années. Il a été rapidement le meilleur joueur au monde. Ça doit être un bon défi pour Aaron. Il doit être motivé par ça, se mettre au niveau du meilleur. Et j’ai hâte de voir ce duel.

Faut-il remporter ce match pour être champion du monde?

Non. Je pense que ce n’est pas décisif, seulement le moyen pour les deux équipes de connaître leur niveau. Mais c’est un match d’ouverture incroyable.

Article original publié sur RMC Sport