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Coup dur pour les éditeurs : le salon Livre Paris annulé

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Le salon Livre Paris, le 16 mars 2018

L'épidémie de coronavirus a provoqué l'annulation du salon Livre Paris, qui était prévu du 20 au 23 mars, infligeant un coup dur à un secteur de l'édition qui souffre économiquement.

"À la suite des décisions gouvernementales d'interdire des rassemblements de plus de 5.000 personnes en milieu confiné, nous avons pris avec regret la décision d'annuler l'édition 2020", a indiqué le président du salon, Vincent Montaigne, dans un communiqué dimanche soir.

"Notre sens de la responsabilité nous oblige à ne prendre aucun risque avec la santé de toutes celles et ceux qui font le succès de Livre Paris : éditeurs, exposants, auteurs, intervenants, partenaires venant de plus de 50 pays, et bien sûr notre public familial de plus de 160.000 visiteurs chaque année", poursuit M. Montagne, qui préside également le Syndicat national de l'édition (SNE).

Pour la 39e édition du salon l'an dernier, étaient venus à Paris Expo Porte de Versailles "3.000 auteurs et 1.200 exposants venus de près de 50 pays".

Les organisateurs avaient relevé "une très légère baisse de fréquentation (-2%) dans un contexte et une actualité sociale tendus". L'événement s'était tenu en plein mouvement de contestation des "gilets jaunes", avec le samedi 16 mars des violences et pillages de magasins dans le quartier des Champs-Élysées.

"Livre Paris vous donne rendez vous en 2021 avec de nouvelles promesses et de nouvelles découvertes autour du livre et de la lecture", a affirmé M. Montagne. C'est l'Italie qui a été choisi comme invité d'honneur pour l'édition de l'année prochaine, "le deuxième marché pour la traduction de livres français".

Lectorat qui s'effrite

Après l'Europe en 2019, le salon devait cette année mettre en valeur l'Inde. Il avait annoncé le nom de 14 écrivains indiens devant participer à des débats et conférences, lesquels rateront l'occasion de mieux faire connaître une littérature foisonnante mais encore peu traduite en français.

Étaient annoncés, chez les auteurs francophones, les romanciers Michel Bussi, Didier Daeninckx ou encore Gaël Faye, mais aussi la philosophe Julia Kristeva, l'historien Benjamin Stora ou encore la prix Nobel d'économie Esther Duflo.

Mais l'un des grands noms de l'édition parisienne, le groupe Madrigall (Gallimard, Flammarion, POL, J'ai lu, Denoël, etc.), ne comptait pas venir. "Il faut faire des choix, nous portons davantage nos efforts à l'international", avait justifié Antoine Gallimard dans Le Monde.

Le secteur du livre, qui voit le lectorat s'effriter peu à peu, est en plein débat sur la rémunération des auteurs après la publication fin janvier du "rapport Racine".

En 2018, derniers chiffres disponibles, le SNE avait fait état d'une baisse de 1,6% du chiffre d'affaires de l'édition (hors livres scolaires), à 2,24 milliards d'euros. La chute des ventes de livre (-4,9%) ne compensait pas la hausse des cessions de droits (+5,4%).

Le rapport Racine, réalisé par l'ancien président de la Bibliothèque nationale de France Bruno Racine, formule 23 recommandations visant à améliorer la situation économique et sociale des artistes-auteurs, dont les écrivains.

Il avait été fraîchement accueilli par le SNE, organisation professionnelle qui avait appelé à "prendre en compte l'ensemble de la filière (...) car c'est une chaîne dont tous les maillons sont fragiles et interdépendants".

"Les conséquences économiques de ce rapport ne font, à ce stade, l'objet d'aucune mesure chiffrée", avait déploré le Syndicat, qui regroupe des centaines d'éditeurs.

Beaucoup d'entre eux, aux finances fragiles, ne vont probablement pas recouvrer tout l'investissement qu'ils font chaque année dans ce salon, une vitrine importante.

"Pour le moment l'équipe digère encore la nouvelle et se charge de prévenir les auteurs en attendant de pouvoir se retourner", a écrit sur Twitter l'un des seuls éditeurs à réagir dans la nuit de dimanche à lundi, MxM Bookmark.

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