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Coronavirus: séance noire à Wall Street, le Dow Jones prend l'eau

Coronavirus: les échanges suspendus à Wall Street peu après l'ouverture après la chute de 7% du S&P 500

New York (AFP) - La Bourse new-yorkaise a connu une nouvelle dégringolade mercredi, qui a mis fin à la plus longue période sans crise majeure à Wall Street qui durait depuis plus d'une décennie, dans un marché toujours en proie à l'affolement face au coronavirus.

Le Dow Jones Industrial Average s'est effondré de 5,86%, à 23.553,22 points, chutant de plus de 20% par rapport à son dernier record atteint en février.

L'indice vedette de Wall Street est ainsi entré en "bear market", en référence à l'ours qui symbolise un marché déprimé. Cela ne lui était plus arrivé depuis 2009, en pleine crise financière.

Le Dow Jones a notamment été plombé par le plongeon de Boeing, dont l'action a dégringolé de plus de 18%, alors que les acteurs du marché s'alarmaient de la santé financière de l'avionneur américain, confronté à l'une des plus graves crises du secteur aérien depuis les attentats du 11 septembre.

Le Nasdaq, à forte coloration technologique, a, lui, chuté de 4,70%, à 7.952,05 points, et l'indice élargi S&P 500 de 4,89%, à 2.741,38 points.

En pleine crise du coronavirus, la place new-yorkaise s'est alarmée de la décision de l'OMS de qualifier mercredi de "pandémie" la pneumonie virale, qui a déjà contaminé plus de 110.000 personnes dans le monde.

Selon Maris Ogg, de Tower Bridge Advisors, cela indique "que le pire est peut-être encore à venir".

"Cela va sans doute prendre encore quelques semaines avant qu'on ait une idée claire de l'ampleur" de l'épidémie, juge l'experte, qui rappelle que très peu de tests de dépistage ont été réalisés aux Etats-Unis.

"Cela va prendre un peu de temps avant que le marché ne surmonte la panique. Nous sommes encore sur un chemin cahoteux", ajoute Mme Hogg.

Pour répondre aux conséquences du coronavirus, l'administration Trump a prévu de présenter des mesures de soutien économique. Le président américain a prévu de faire une déclaration à ce sujet dans la soirée.

Donald Trump a notamment laissé flotter mardi l'idée d'une suppression des charges et cotisations sociales jusqu'à la fin de l'année.

Le locataire de la Maison Blanche a également rencontré mercredi les croisiéristes et les PDG des banques américaines.

Les grandes banques américaines faisaient d'ailleurs partie des valeurs les plus affectées mercredi, JPMorgan Chase perdant 4,7%, Goldman Sachs 6,8%, Bank of America 4,0% et Wells Fargo 7,8%.

Les croisiériste Norwegian Cruise Line et Royal Carribean Cruises se sont, eux, respectivement effondrés de 26,7% et 14,1%.

- Baisse des taux -

Les interventions des banques centrales étaient aussi particulièrement scrutées par les acteurs du marché, notamment après la baisse surprise de 50 points de base de ses taux directeurs par la Banque d'Angleterre (BoE).

La Banque centrale européenne (BCE) se réunit jeudi et la Réserve Fédérale la semaine prochaine, les acteurs du marché s'attendant à une nouvelle baisse des taux américains après celle surprise du mardi 3 mars.

La Fed a par ailleurs annoncé qu'elle allait de nouveau augmenter les montants qu'elle injecte dans le marché monétaire pour les porter à au moins 175 milliards de dollars quotidiens, à partir de jeudi.

Sur le marché obligataire, le taux à 10 ans sur la dette américaine était en revanche en hausse, s'établissant à 0,8670% vers 20H30 GMT, contre 0,803% la veille à la clôture.

"Le marché obligataire annonce souvent ce qui va se passer. Il fonctionne de manière bien plus logique que le marché des actions", indique Mme Ogg.

"C'est encore tôt pour le dire mais je pense que la raison va l'emporter et que les gens vont réaliser qu'il va y avoir un dénouement", poursuit-elle.