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Coronavirus: Macron prévoit un "airbag" pour amortir le choc économique

Antonio RODRIGUEZ
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Emmanuel Macron s'exprime depuis l'Elysée sur le coronavirus, le 12 mars 2020

Paris (AFP) - Emmanuel Macron a annoncé jeudi des mesures pour amortir le choc de la crise provoquée par la propagation du coronavirus en soutenant notamment le chômage partiel, sans en donner le coût et en attendant un plan de relance coordonné au sein de l'UE.

"Nous n'ajouterons pas aux difficultés sanitaires (posées par le coronavirus) la peur de la faillite pour les entrepreneurs, la peur du chômage et l'angoisse des fins de mois difficiles pour les salariés", a affirmé le président de la République lors d'une allocution télévisée.

"Tout sera mis en oeuvre pour protéger nos salariés et nos entreprises, quoi qu'il en coûte", a-t-il assuré, sans donner plus de précision sur le coût des mesures annoncées ni ses conséquences sur le déficit public.

D'abord frappées par la mise à l'arrêt d'usines chinoises pour lutter contre le coronavirus - des mesures qui ont perturbé les chaînes d'approvisionnement -, les entreprises font désormais face à une chute de la demande provoquée par les mesures de confinement prises par les différents pays.

Face à cette situation et aux demandes de mesures d'urgence exprimées notamment par le Medef, M. Macron a annoncé que, "dès les jours à venir, un mécanisme exceptionnel et massif de chômage partiel sera mis en œuvre".

Il a assuré que le dispositif irait "beaucoup plus loin que les mesures déjà annoncées par le ministre des Finances, Bruno Le Maire, et celle du Travail, Muriel Pénicaud, pour soutenir les entreprises.

"L'Etat prendra en charge l'indemnisation des salariés contraints à rester chez eux", a-t-il affirmé.

"Toutes les entreprises qui le souhaitent pourront reporter sans justification, sans formalité, sans pénalité, le paiement des cotisations et impôts dus en mars", a-t-il ajouté.

- Une réponse "à l'allemande" -

Pour Philippe Waechter, chef économiste chez Ostrum Asset Management, ces mesures sont "un airbag" pour amortir le choc de la crise. "Nous sommes dans l'idée d'un choc fort et temporaire, l'économie retrouvera ensuite la situation antérieure. La question est de savoir combien de temps il va durer", a-t-il expliqué à l'AFP.

Selon l'économiste, M. Macron s'est inspiré de la manière dont l'Allemagne a géré la crise financière de 2008, en recourant massivement au chômage partiel, et évitant ainsi des licenciements pour permettre aux entreprises de retrouver rapidement leurs capacités de production dès la reprise économique.

Le président français a d'ailleurs cité l'exemple du pays voisin lors de son allocution: "Je veux que nous nous inspirions de ce que les Allemands ont su, par exemple, mettre en oeuvre avec un système plus généreux, plus simple que le nôtre".

"Il s'agit de la meilleure manière de mutualiser le risque", a souligné M. Waechter.

En revanche, M. Macron n'a pas annoncé pour l'instant de plan de relance budgétaire comme le demandent les institutions financières comme le FMI ou l'OCDE pour faire redémarrer l'économie. Il s'est limité à annoncer sa préparation et en lançant un appel à l'UE.

"J'ai demandé au gouvernement de préparer d'ores et déjà un plan de relance national et européen cohérent avec nos priorités et nos engagements pour l'avenir", a-t-il déclaré, sans donner plus de détails.

L'Europe doit réagir "vite et fort", a-t-il insisté, estimant que les annonces de la Banque centrale européenne (BCE), dévoilées quelques heures plus tôt, ne seraient pas suffisantes pour faire face à la crise.

"Nous, Européens, ne laisserons pas une crise financière et économique se propager, nous réagirons fort et nous réagirons vite, l'ensemble des gouvernements européens doit prendre les décisions de soutien de l'activité puis de relance, quoi qu'il en coûte".

Le président a, par ailleurs, insisté sur le besoin de coordonner les efforts. "Ce n'est pas la division qui permettra de répondre à ce qui est aujourd'hui une crise mondiale mais bien notre capacité à voir juste".

M. Le Maire a d'ores et déjà reconnu un impact "sévère" de la crise du coronavirus sur l'économie française et s'attend désormais à une croissance de moins de 1%, au lieu du 1,3% prévu initialement par le gouvernement.