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Coronavirus: l'industrie du vêtement au Cambodge et au Vietnam menacée

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Au Cambodge, des dizaines de milliers d'emplois sont menacés dans l'industrie textile, faute des matières premières n'arrivant plus de Chine en raison du coronavirus

Des employés quittent leur usine pour une pause déjeuner, le 2 mars 2020 à Phnom Penh au Cambodge

Lang Son (Vietnam) (AFP) - Le coronavirus "a secoué l'économie mondiale", a déclaré lundi le premier ministre du Cambodge, Hun Sen, s'inquiétant en particulier pour le secteur de l'habillement, part importante de l'économie cambodgienne, menacé par la fermeture des usines chinoises.

Ce secteur qui représente 7 milliards de dollars dépend en effet pour 60% de son approvisionnement en matières première chinoises.

Le Cambodge commence déjà à en ressentir les effets. Le ministre du Travail avait annoncé la semaine dernière qu'une dizaine d'usines avaient dû réduire leur production et mettre 3.000 ouvriers en chômage technique.

Mais l'impact devrait surtout se faire sentir à partir de mars quand quelque 200 usines, employant 160.000 personnes, soit 20% du secteur, devraient arriver au bout de leur stock de matières premières.

M. Hun Sen a déclaré avoir demandé à la Chine d'envoyer de toute urgence vers son pays les matières premières nécessaires. Un responsable du ministère du Travail a expliqué lundi à l'AFP qu'ils espéraient en recevoir d'ici fin mars, mais pas assez.

Au Vietnam, le pays pourrait perdre jusqu'à 2 milliards de dollars si les matières premières chinoises n'arrivent pas avant quinze jours, a expliqué Le Tien Truong, directeur général de la compagnie Vinatex, cité par les médias d'Etat.

Comme au Cambodge, l'industrie de l'habillement vietnamienne dépend à 60% des matières premières chinoises.

Le virus provoque également des problèmes à l'exportation vers la Chine.

A Lang Son, dans le nord du pays, les camions doivent souvent attendre des heures, parfois des jours, pour passer la frontière.

Et de l'autre côté, le manque de personnel chinois fait qu'il faut parfois une journée entière, au lieu d'une heure habituellement, pour décharger la marchandise.

Le problème ne touche pas que les produits manufacturés. Des camions remplis de fruits et légumes doivent également attendre parfois pendant des jours, pendant que leurs conducteurs, vêtus de combinaisons de protection, vérifient leur état de fraîcheur.

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