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Coronavirus : "La BCE tente d'éviter une nouvelle crise des dettes de la zone euro"

Christine Lagarde a réparé sa gaffe de la semaine dernière.

Marianne : Que pensez-vous des annonces de la BCE de mercredi soir, qui a lancé un nouveau programme de rachats d'obligations publiques et privés de 750 milliards d'euros d’ici la fin de l’année ?

Eric Dor : Ces annonces vont dans le bon sens car elles viennent rappeler que la BCE est engagée dans la lutte contre la fragmentation financière de la zone euro. En effet, elles laissent entendre que la BCE pourrait privilégier les dettes des pays européens les plus en difficulté financièrement, tels l’Espagne et surtout l’Italie dont la dette a été attaquée ces derniers jours sur les marchés.

La BCE a en effet dû réagir car de fortes tensions apparaissaient sur les taux des dettes souveraines de la zone euro. En particulier l’emprunt italien à 10 ans qui a tutoyé les 3% mercredi. Comment en est-on arrivé là ?

Face à la crise sanitaire et économique, les Etats ont pris des mesures budgétaires d’ampleur comme la prise en charge du chômage partiel et le report de cotisations sociales et d’impôts. Ils ont aussi donné des garanties conséquentes aux banques pour qu’elles continuent de prêter aux PME. Le tout dans un contexte de recul de la croissance.

Par conséquent, les marchés financiers ont anticipé une explosion des dettes publiques faisant peser un risque sur la solidité financière de certains Etats. D’où une hausse des taux sur les marchés obligataires, au premier rang desquels le taux italien. Par ses annonces de mercredi soir, la BCE tente en fait d'éviter une nouvelle crise des dettes de la zone euro, comme en 2012 !

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