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Le Congrès américain a trouvé son Speaker, et Donald Trump n’y est pas pour rien

Donald Trump à son procès pour fraudes le 24 octobre 2023 à New-York.
Bloomberg / Bloomberg via Getty Images Donald Trump à son procès pour fraudes le 24 octobre 2023 à New-York.

ÉTATS-UNIS - Rajouter du chaos au chaos. Après des semaines de crise, la Chambre des représentants américaine (équivalent de l’Assemblée nationale) a trouvé un remplaçant au Speaker Kevin McCarthy, destitué par son propre parti.

A sa place désormais, le conservateur Mike Johnson, très proche de Donald Trump. Au cours des dernières semaines, l’ex-Président des Etats Unis a manœuvré sans discrétion pour imposer des candidats à sa botte ou chasser sans ménagement ceux qui ne seraient pas loyaux.

Au Congrès américain, le candidat des républicains comme « speaker » jette déjà l’éponge, nouveau chaos

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Tom Emmer, 62 ans, est le dernier à en avoir fait les frais, ce mardi 24 octobre. L’élu du Minnesota était le troisième candidat choisi par les républicains pour devenir Speaker, avant le vote en séance plénière avec les démocrates. Tous avaient l’espoir qu’il mette fin aux blocages qui durent depuis le 3 octobre, mais Donald Trump est entré dans la danse.

La veille, ce dernier avait pourtant assuré devant les journalistes qu’il resterait « autant que possible en dehors » des tractations. Il faut dire que ses proches, dont son ex-conseiller Steve Bannon, se sont occupés d’exprimer leur opposition à Tom Emmer. Principal grief : il a voté en faveur de la certification des résultats de l’élection de 2020 donnant Joe Biden vainqueur, synonyme de trahison pour le clan MAGA (« Make America Great Again »).

Un élément a finalement convaincu le milliardaire d’intervenir directement, estime Politico. Interrogé lundi par CNN pour savoir s’il soutenait Donald Trump pour la primaire républicaine, Tom Emmer a simplement dit qui allait « se concentrer » sur l’élection pour devenir Speaker. Mauvaise réponse. Une fois désigné candidat par son parti, il a dû faire face à la fronde d’une vingtaine de trumpistes dont les voix étaient cruciales pour le vote en séance plénière. Il n’a pas eu le temps de les convaincre.

L’ombre de Donald Trump plane sur l’élection

« J’ai beaucoup de très bons amis qui veulent être président de la Chambre des Représentants, et certains sont de vrais guerriers. Le RINO [Republican in name only, terme péjoratif désignant ceux considérés comme n’étant pas de vrais républicains, NDLR] Tom Emmer, que je ne connais pas bien, n’est pas l’un d’eux », a fustigé Donald Trump sur son réseau Truth Social, ajoutant que sa nomination serait « une erreur tragique ». De quoi tuer les ambitions de Tom Emmer, qui a jeté l’éponge avant même le vote à la Chambre.

Ce dernier épisode n’est pas le seul illustrant la mainmise de l’ancien président sur le parti dans l’élection du Speaker. Sur Truth Social, il avait aussi apporté son soutien « total » à Jim Jordan, qui avait finalement échoué face à Steve Scalise lors du vote interne du 11 octobre. Toutefois comme Tom Emmer, Steve Scalise a abandonné avant même le vote à la Chambre face au barrage d’élus conservateurs qui ont refusé de le soutenir.

Quelques jours plus tard, Jim Jordan a finalement été désigné candidat. Sauf qu’il a essuyé des cuisants échecs en séance plénière en raison du manque de soutien de ses collègues qui le jugent trop extrémiste. Les démocrates votent de leur côté unanimement pour leur représentant, Hakeem Jeffries, sans que celui-ci obtienne de majorité. Cette situation ubuesque fait dire à Politico que « si Trump n’arrive pas à faire élire quelqu’un au poste, il peut très bien faire en sorte qu’une personne ne l’obtienne pas ».

Mike Johnson, option de choix pour Trump

Steven M. Caliendo, professeur de sciences politiques interrogé par la chaîne Fox32 Chicago, a comparé la situation à un spectacle de « marionnettes » mené par Donald Trump. « Et il ne passe même pas par des appels téléphoniques privés ou des messages, il le fait sur les réseaux sociaux ! », ajoute-t-il. Ce blocage au Congrès a des conséquences qui pourraient être dramatiques, puisqu’il empêche le vote du budget et fait craindre un shutdown (paralysie budgétaire) à la mi-novembre.

La perspective de la présidentielle peut-elle inciter Donald Trump à changer ? Non, répond Jérôme Vialla-Gaudefroy, chargé de cours à Sciences Po Saint-Germain-en-Laye. « Le chaos est à son avantage, car il peut se présenter comme un sauveur », affirme-t-il. « Trump s’en fiche du parti, il sait qu’il sera le candidat à la primaire puisqu’il domine depuis des mois les sondages. Son but, c’est de diviser le parti pour qu’il ne reste que des pro-Trump », analyse-t-il pour Le HuffPost.

Pour la suite, Donald Trump a déjà prévenu que malgré les appels de certains élus, il ne se présenterait pas au poste de Speaker, sa priorité restant la Maison Blanche. Ce mercredi 25 octobre, un quatrième républicain Trump-compatible a tenté sa chance pour se faire élire en séance plénière : Mike Johnson. Si son profil très à droite avait de quoi crisper les élus modérés, l’effet de « fatigue » et l’envie de passer à autre chose a joué en sa faveur, souligne Jérôme Vialla-Gaudefroy.

En tout cas, sa conférence de presse post-désignation a donné la couleur sur l’état des divisions et de la polarisation des opinions aux États-Unis. Interrogé sur sa participation dans l’effort de Donald Trump à renverser le résultat de l’élection en 2020, Mike Johnson a souri et secoué la tête. Autour de lui, une poignée de républicains a hué la reporter. L’élue de Caroline du Nord Virginia Foxx, elle, a hurlé à la journaliste : « Shut up ! Shut up ! ». Pas besoin de traduction.

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