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Compétitivité : la France est-elle si nulle ?

Compétitivité
Compétitivité

"Le chômage ne prend pas de vacances, la compétitivité non plus", s'est enflammé le président Hollande en visite dans la société technologique spécialisée dans l'exploration océanique iXBlue. La compétitivité, c'est "l'enjeu clef de la rentrée", martèle le Figaro, tandis que L'Usine Nouvelle et Challenges s'enthousiasment sur celle des Etats-Unis. Fort bien ! Mais lorsqu'on parle de compétitivité, de quoi parle-t-on exactement ? La réponse n'est pas aussi simple que l’on pourrait le croire. "Alors qu'elle a littéralement envahi le débat public, la compétitivité reste un concept assez mal défini, estime Gustavo Horenstein, gérant de fonds chez Dorval Finance. On peut même dire qu'il n'y a pas de théorie macroéconomique précise sur le sujet. "

La compétitivité, c'est quoi ?

Ce professionnel esquisse trois définitions possibles de cette chose dont tout le monde parle et que tout le monde pense si bien comprendre."Du point de vue d'une entreprise, la compétitivité est une notion assez claire, explique-t-il. C'est la capacité de l'entreprise en question à générer un bon rapport qualité-prix, à gagner des parts de marché, à être rentable. La vision la plus répandue de la compétitivité est en fait une extrapolation un peu fallacieuse de ce concept à un pays. Elle se résume à la capacité à vendre ses produits à l'étranger. Cette notion, popularisée par l'idée de guerre économique, est donc relative puisqu'il faut être meilleur que son voisin. Et c'est un jeu à somme nulle à l'échelle de la planète." La troisième définition du concept est en revanche assez éloignée des deux autres. "Dans la vision macroéconomique, la compétitivité, c'est l'ensemble des facteurs qui déterminent la productivité, la capacité d'un pays à faire de la croissance et améliorer le niveau de vie des habitants, détaille Gustavo Horenstein. Cette vision tient compte du fait que les exportations ne sont pas le but ultime de l'économie." En France comme en Europe, la compétitivité est devenue une véritable obsession. "Pour les Allemands, c'est d'ailleurs la croissance sans compétitivité des pays du sud de l'Europe qui explique la crise de la zone euro", rappelle Gustavo Horenstein. Une explication sans doute un peu simpliste. Mais au fait, la France est-elle aussi mauvaise qu'on veut bien le dire en matière de compétitivité ? Chaque année, le Forum économique mondial publie un "indice global de la compétitivité", l'indice GCI (pour "Global competitiveness index"). Cet indicateur calculé par pays se rapproche de la vision macro-économique de la compétitivité, car il tient compte de facteurs variés, comme les infrastructures, le système de santé, l'efficience des marchés, la fiscalité ou l'innovation.


Atouts et faiblesses de la France

L'Europe classe six pays dans le top 10 mondial de la dernière mouture du classement GCI et, si la France n'en fait pas partie, elle ne figure pas en si mauvaise posture. elle apparaît en 21e position sur 144 pays notés, deux places seulement derrière la Corée du Sud, un des pays emblématiques du développement asiatique. On vient d'ailleurs d'apprendre que le constructeur de camions Renault Trucks vient de relocaliser en France une partie de sa production jusqu'ici traitée en Turquie, un pays qui n'est qu'en 44e place de l'indice GCI."La France a pour elle une démographie dynamique, un taux d'épargne élevé et un système bancaire solide, explique Gustavo Horenstein. Par ailleurs, elle occupe le 4e rang mondial pour la qualité des infrastructures et le 17e pour l'innovation." Côté faiblesses, l'hypertrophie des dépenses publiques est sans doute la plus visible. Pour ce qui est de l'efficacité du marché du travail, la France apparaît seulement en 66e position et, pire encore, elle est au 128e rang pour l'efficacité de son système fiscal. En deux ans, la France a glissé de six places au classement GCI, quand l'Allemagne en a gagné une (notre voisin est en sixième position du classement 2012/2013).


Des réformes urgentes mais difficiles

Surtout, depuis le début de la décennie 2000, la principale épine dans le pied français reste la faiblesse des exportations, qui nous a conduit à un déficit extérieur devenu chronique. Le danger serait de céder aux sirènes du protectionnisme pour rétablir l'équilibre. A ce jeu, tout le monde a à perdre, comme l'a déjà amplement montré la crise des années 1930 ! Que faire donc pour inverser la machine en France ? "Le crédit impôt compétitivité emploi ou l'accord national interprofessionnel, qui est la première étape de la réforme du marché du travail et introduit plus de flexibilité, sont des mesures positives mais encore limitées, analyse Gustavo Horenstein. Le constat est assez simple : il faut traiter le problème des retraites, faciliter les embauches par une meilleure flexibilité du marché du travail et s'attaquer à l'énorme chantier du système fiscal." Tout cela suscite un courage politique sans faille, notamment si l'on se souvient de la crise suédoise des années 1990. "Le gouvernement avait alors procédé à des coupes budgétaires généralisées de 10 à 20%", rappelle Gustavo Horenstein. Essayer d'imaginer dès aujourd'hui la France en 2025, comme vient de le faire le gouvernement, peut être une bonne idée et a d'ailleurs suscité, parmi un concert de moqueries, un "bravo" assez inattendu de Pierre Gattaz, le "patron des patrons". Se projeter dans l'avenir, oui ! Encore faut-il que cela aille au-delà du simple devoir de vacances pour ministres.

Emmanuel Schafroth


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