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Commerce : une trêve, et après ?

Annoncée mi-décembre, la signature d’un accord de «phase 1» entre la Chine et les États-Unis s’est concrétisée lors d’une cérémonie en grande pompe à la Maison-Blanche, le 15 janvier.

En présence du vice-Premier ministre Liu He, Donald Trump a salué une «étape historique» vers un futur accord commercial «juste et réciproque» entre les deux pays.

Pour l’heure, le texte de 94 pages valide une simple trêve plutôt qu’un retour en arrière. «Cet accord ne change rien à la situation actuelle où 80% des produits chinois se trouvent taxés par les États-Unis», résume Patrick Artus, chef économiste chez Natixis.

De fait, les droits de douane mis en place progressivement depuis le printemps 2018, qui frappent aujourd’hui 360 milliards de dollars de biens chinois, restent en place. Quant à la menace d’une nouvelle hausse, brandie l’été dernier, elle est suspendue.

200 milliards d’achats chinois

Cette trêve a été obtenue par Pékin au prix d’un engagement très ambitieux : la Chine est censée acheter dans les deux ans pour 200 milliards de dollars de produits américains supplémentaires, dont 78 milliards de biens manufacturés, 52 milliards d’hydrocarbures, 38 milliards de services, et 32 milliards de produits agricoles.

La concrétisation de ce montant faramineux (en 2019, la Chine a importé pour 163 milliards des États-Unis) nourrit un certain scepticisme. 

Le président américain renvoie la suppression des droits de douane à la conclusion d’un accord de «phase 2», qui doit aborder des sujets très épineux comme le cas Huawei ou les subventions chinoises. Or ce futur accord a très peu de chances de voir le jour en 2020.

À l’approche du scrutin présidentiel, en novembre, Donald Trump aura à cœur de prendre peu de risques. D’autant qu’il vient tout juste d’atteindre son objectif : entamer cette année électorale Cliquez ici pour lire la suite