La bourse est fermée

La colère, une émotion inévitable au bureau... qu'il faut savoir gérer

Contrairement aux idées reçues, accepter le conflit est plus sain que de l'éviter. Reste à le gérer avec psychologie. Bonne nouvelle : c'est un travail de longue haleine, mais cela s'apprend.

Votre collègue a sa tête des mauvais jours. Bras croisés, mâchoire crispée, il est tendu comme une arbalète et vous fixe avec insistance. Sous sa boîte crânienne, le cortex préfrontal se met en grève et, avec lui, la logique, la rationalité, la discussion apaisée… Le système limbique, lui, est en ébullition. Les émotions commencent à prendre les commandes, surtout l'amygdale, réputée être le siège de la colère. Bref, ça s'annonce mal pour vous ! Pourtant, malgré les apparences et même s'il n'a pas l'air de s'en rendre compte, votre collègue cherche avant tout à résoudre un problème. Et donc à améliorer les choses.

«La colère est fondamentalement associée à la motivation, explique Emma Vilarem, docteure en neurosciences, cofondatrice et cheffe de projet à l'agence de consulting Cog'X. Elle vous donne envie d'aller à la source d'une difficulté et de lever des obstacles.» Comme toutes les réactions émotionnelles, elle a son utilité : sans elle, on renoncerait à tout en un claquement de doigts. Dans l'imaginaire collectif pourtant, on continue de marteler qu'elle serait systématiquement «mauvaise conseillère». «Au travail aussi, le management privilégie trop souvent des stratégies d'évitement, déplore Emma Vilarem. On fait semblant de rien, on enfouit les émotions. Celles-ci vont grandir sans pouvoir s'exprimer, sauf en cas de surcharge et donc d'explosion… C'est délétère sur le long terme.»

To flight or to fight

«On ne supprimera pas l'agressivité, elle fait partie de notre paysage émotionnel», confirme le psychiatre Jérôme Palazzolo, co-auteur, avec le champion de mixed martial arts Axel Sola, de Gérer les conflits et l'agressivité au quotidien (Josette Lyon, 2019). La première chose à faire est donc d'accepter le conflit. Confronté à un collègue véhément, nous avons tous un premier réflexe que les psychologue anglo-saxons résument en une formule : «To flight or to fight», «s'envoler ou combattre». D'un côté l'évitement ou la sidération, une forme de fuite, de l'autre le

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