Chrono Flex, la PME qui a tué l'organigramme

Peut-on gommer toute hiérarchie et redonner leur liberté aux salariés du terrain ? C'est le pari tenté par cette entreprise nantaise depuis un an. Avec des résultats.

Les collaborateurs de Chrono Flex se souviendront longtemps du 7 janvier 2012. Ce jour-là, réunis dans la salle de conférences d’un grand hôtel d’Angers, les 210 salariés de la PME nantaise sont inquiets. Le spécialiste du dépannage de flexibles hydrauliques sur engins de chantier est mal en point. Mais au lieu du plan social redouté, le PDG annonce qu’il va refondre l’organisation, alléger le management et redonner une plus grande initiative à tous les opérationnels. Stupeur dans la salle. Les salariés ne savent s’ils doivent s’effrayer ou se réjouir.

Révolution copernicienne. Un an plus tard, ils sont un peu plus au clair. Chrono Flex a effectué une véritable révolution copernicienne en supprimant quasiment toute forme de hiérarchie. L’objectif ? Favoriser l’autonomie des collaborateurs pour les rendre plus efficaces. «Ceux qui savent sont ceux qui font», martèle Jérôme Jambut, le DG. Le principe semble fonctionner : les ventes sont reparties doucement à la hausse alors que le marché reste difficile. Surtout, le turn­over a chuté de 25 à 16% et le taux d’absentéisme de 13,2 à 9,2%.

Pourquoi Chrono Flex s’est-il tout à coup épris d’égalitarisme ? Il faut remonter à 2009. «Après des années de croissance à deux chiffres, l’activité s’est alors brusquement effondrée d’un tiers», explique Jérôme Jambut, désormais installé dans un open space où se côtoient commerciaux et services administratifs. Que faire ? Pour la direction, il n’était pas question de casser les prix, de réduire les investissements ni de couper dans les effectifs. «Rester innovants coûte que coûte», tel était le mot d’ordre.

Tour de France. Début 2010, Alexan­dre Gérard, alors PDG de Chrono Flex, assiste à une conférence de Jean-François Zobrist, ex-PDG de Favi, ...

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