Christophe Bonduelle : "Nous répercuterons la hausse des prix agricoles, c’est inévitable"

Bonduelle, le champion des légumes est parti à la conquête de l’Amérique pour compenser la morosité de l’Europe. Mais il n’échappe pas au yo-yo des cours des matières premières, selon son P-DG.

Capital : Pourquoi les prix des produits alimentaires ne cessent-ils d’augmenter ?
Christophe Bonduelle : Depuis 2009, nous connaissons une volatilité, surtout à la hausse, des matières premières. A cause des aléas climatiques, des biocarburants ou encore de la demande des pays émergents. Et les cours sont liés les uns aux autres. Quand le prix du blé augmente, cela impacte les légumes l’année suivante, car les agriculteurs privilégient les cultures qui leur assurent le meilleur revenu. On doit donc s’aligner et il y a peu de marge de productivité dans les champs et dans les usines. Les négociations sont bien sûr difficiles avec la grande distribution pour faire accepter ces hausses, mais elles sont indispensables.

Capital : Comment maintenez-vous une solide croissance, de 3,2% en 2011-2012 ?
Christophe Bonduelle : Nous avons d’abord élargi nos activités en Europe avec le frais et le traiteur, un marché où il y a plus d’espace de croissance. Sur le plan géographique, nous avons étendu notre présence en Russie, au Brésil et aux Etats-Unis, où nous venons de racheter Allens, un conserveur de l’Arkansas qui fournit les marques de la grande distribution aux Etats-Unis. Nous réalisons aujourd’hui 500 millions d’euros de chiffre d’affaires en Amérique du Nord. Sur l’exercice 2012-2013, un tiers de notre activité sera réalisé en France, un tiers en Europe et un tiers hors d’Europe..

Capital : Peut-on encore innover dans la conserverie, un métier a priori vieillot ?
Christophe Bonduelle : C’est vrai qu’elle a cette image, et pourtant nous innovons beaucoup. La moitié du poids d’une conserve traditionnelle, c’est le ­liquide. Lequel a en outre quel­ques inconvénients : il ...

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