En Chine, les milieux d'affaires étrangers placés sous haute surveillance

FLORENCE LO / POOL / AFP

Pékin a révisé et élargi, le 26 avril dernier, une loi contre l’espionnage datant de 2014 à toute activité se rapportant à la "sécurité et aux intérêts nationaux". Elle entrera en vigueur en juillet et fait souffler un fort vent d’inquiétude au sein des milieux d'affaires étrangers installés en Chine.

Des descentes de police médiatisées dans les locaux chinois de trois groupes américains : le géant du conseil Bain & Company en mars, le spécialiste de l’audit Mintz en avril et en mai Capvision, expert en conseil et mises en relation. Ce dernier est accusé d’avoir "dévoilé des informations internes sensibles, des secrets d’Etat et de l’intelligence [du renseignement]".

Le récent tour de vis de Pékin fait souffler un fort vent d’inquiétude au sein de la communauté d’affaires étrangères installée en Chine. "On sent depuis le 20e Congrès [du Parti communiste chinois, qui a vu en octobre Xi Jinping raffermir son emprise] que le pouvoir veut envoyer des messages clairs en direction des Etats-Unis, mieux contrôler son récit, et que cela passe notamment par une politisation encore plus forte de l’économie", confie un expatrié français.

Un climat de délation

Dans ce contexte, Pékin a révisé et renforcé, le 26 avril, une loi contre l’espionnage datant de 2014. Le texte, qui entrera en vigueur le 1er juillet, élargit le champ de la loi à toute activité se rapportant à la "sécurité et aux intérêts nationaux". Et encourage un climat de délation : citoyens et organisations devront signaler les activités suspectes ; les entreprises de logistique et de télécommunications aider techniquement à lutter contre l’espionnage ; et les médias sensibiliser leur public au sujet.

Lire aussiComment les espions chinois sont montés en puissance sous Xi Jinping

"Le problème de ces lois n’est pas tant leur formulation que leur application. Leur caractère vague permet d’arrêter n’importe qui, sous n’importe quel prétexte", note la chercheuse Valérie Niquet. A cela, s’est ajoutée la condamnation à la prison à vie, le 15 mai par la Chine, d’un Américain de 78 ans résident permanent à Hong-kong, accusé d’"espionnage".

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