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Ces polytechniciens qui ont créé leur entreprise

Tous les élèves issus de la vénérable Ecole polytechnique ne finissent pas dans la haute administration. Certains ont préféré les entreprises privées et même l'entreprenariat... avec quelques succès retentissants.

Polytechnique

Fleuron de l'enseignement supérieur technique français, l'Ecole polytechnique souffre d'une image un peu vieillotte. Il est vrai que l'épée, appelée tangente, et le Grand uniforme distinctifs des élèves polytechniciens ne contribuent pas spécialement à la faire paraître branchée. Souvent surnommée l'X, cette école d'ingénieurs traîne quelques clichés, parfois faux, comme celui qui veut que ce soit Napoléon qui l'ait fondée. Sans doute à cause du chapeau bicorne, que l'empereur des Français portait latéralement... contrairement aux élèves de l'école. En réalité, c'est au lendemain de la Révolution française que l'ingénieur Jacques-Elie Lamblardie, le mathématicien Gaspard Monge et l'homme politique et général Lazare Carnot ont reçu pour mission de fonder l'école, qui a vu le jour en 1794. Napoléon lui donnera dix ans plus tard son statut militaire et son slogan : "pour la patrie, les sciences et la gloire".

On imagine aussi volontiers que les diplômés de Polytechnique forment par excellence ce que le sociologue Pierre Bourdieu appelait la "noblesse d'Etat" et sont donc immanquablement voués à alimenter la haute fonction publique, ces fameux grands corps de l'Etat dont le Corps des mines ou celui des ingénieurs de l'armement. On voit moins un polytechnicien dans le peau d'un chef d'entreprise... et pourtant.

Certes, si l'on s'intéresse à Patrick Kron, PDG du groupe Alstom depuis 10 ans, ou à son camarade de la promotion 1973, Jean-Bernard Lévy, récemment nommé à la tête de Thalès après avoir occupé celle de Vivendi, on reste dans le cas de polytechniciens ayant débuté leur carrière dans la sphère publique, l'un au ministère de l'Industrie, l'autre à France Télécom, avant qu'on leur confie finalement les rênes de grandes entreprises.

Mais l'X a aussi engendré de "vrais" entrepreneurs, et non des moindres. Du fait de son rang de sortie très modeste, André Citroën (promotion 1898) ne pouvait prétendre à une belle carrière dans les hautes sphères de l'Etat, ce qui lui a permis de faire son chemin dans l'industrie, d'abord dans la fabrication d'engrenages, puis, à partir de 1919, en fondant la marque automobile qui porte toujours son nom, malgré la liquidation judiciaire de son entreprise en 1934 et sa reprise, à l'époque, par les frères Michelin. Conrad Schlumberger, lui, est un X-Mines, c'est à dire qu'il a complété son cursus à Polytechnique par l'Ecole des mines. Avec son frère Marcel, un centralien, cet alsacien a fondé en 1926 la Société de prospection électrique, devenue Schlumberger : un géant des services parapétroliers aujourd'hui coté à New-York et générant plus de 42 milliards de dollars de chiffre d'affaires. Mais un polytechnicien issu de la promotion 1969 affiche une réussite encore plus éclatante et arrive en dixième position du classement Forbes des personnes les plus riches de la planète. Parti d'une petite entreprise de BTP, Bernard Arnault est en effet devenu l'empereur incontesté du luxe (LVMH).

Autre réussite: celle de Pascal Imbert, diplômé de l'X et fondateur de la société de conseil informatique Solucom, fondée en 1990, et qui dépasse aujourd'hui les 100 millions d'euros. Depuis 1972, Polytechnique accueille aussi des filles, surnommées les Xettes. Anne-Sophie Pastel en a fait partie avant de fonder en 1999 le site internet Aufeminin.com, avec son condisciple Marc-Antoine Dubanton. A l'heure des start-ups, l'attrait que représente la création d'entreprise pour des ingénieurs de formation ne peut étonner. C'est un autre polytechnicien, Arnaud Masson, qui est à l'origine d'Insiteo, société spécialisée dans les services de géolocalisation à l'intérieur des bâtiments. Les polytechniciens créateurs d'entreprises ont même leur club, baptisé Xstartup. Décidément, cette école d'âge respectable est bien moins poussiéreuse qu'on l'imaginerait.

Emmanuel Schafroth

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