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Scandales financiers: 14 démissions de ministres depuis 1990

Ministres-démission
Ministres-démission

"Un ministre, ça ferme sa gueule ou ça démissionne !" La formule est restée célèbre et on la doit à Jean-Pierre Chevènement, préférant démissionner de son poste de ministre de la Recherche et de l'Industrie pour protester contre la "parenthèse libérale" engagée par le gouvernement Mauroy en mars 1983. Il réitérera la manœuvre en 1991 (il est alors ministre de la Défense), pour manifester un désaccord avec la guerre en Irak, puis en 2000, abandonnant le ministère de l'Intérieur à cause de la politique corse.

Barbouzes, sexe et gros sous

Pour autant, lorsqu'un ministre démissionne, c'est rarement de son plein gré et c'est souvent par le scandale que la chose arrive, comme dans le cas très récent de Jérôme Cahuzac, ci-devant ministre délégué au Budget, soupçonné d'avoir détenu un compte en Suisse. Le scandale n'est pas toujours de nature financière. Dans le cas de Charles Hernu, c'est une sombre affaire barbouzarde qui fera tomber le premier ministre de la défense de François Mitterrand: celle du fameux Rainbow Warrior, coulé en Nouvelle-Zélande par de maladroits agents des services secrets français, avec à la clé la mort d'un photographe. Beaucoup plus près de nous, c'est une affaire de viol et d'agression sexuelle qui a fait tomber, en mai 2001, le secrétaire d'Etat chargé de la fonction publique du gouvernement Fillon, Georges Tron, accusé par des employées de la commune de Draveil, dont il est maire. Une affaire toujours pas jugée, d'autant plus retentissante qu'elle survenait dans la foulée de l'affaire du Sofitel impliquant Dominique Strauss-Kahn. Mais bien avant ses frasques new-yorkaises, c'est bien pour une histoire de gros sous que DSK, alors ministre de l'Economie, avait du quitter le gouvernement Jospin en novembre 1999. Il était alors mis en cause dans l'affaire de la MNEF, où il sera finalement relaxé. Il s'agissait de soupçons d'abus de biens sociaux: et c'est bien là le principal motif des départs précipités de ministres ces 20 dernières années, soit en lien avec un enrichissement ou un bénéfice personnel, soit avec une affaire de financement de parti politique.

Un ministre derrière les barreaux

Ainsi, en 1994, l'affaire de la Lyonnaise des eaux coûta à Alain Carignon son poste de ministre de la communication... et près de 3 ans derrière les barreaux ! La même année, Gérard Longuet et Michel Roussin devront quitter le gouvernement (le second étant inquiété dans l'affaire des HLM des Hauts-de-Seine). Plus chanceux que le précédent, ils bénéficieront l'un et l'autre d'un non-lieu. Ce ne fut pas le cas de Pierre Bédier, parti en janvier 2004 du gouvernement Raffarin lors de sa mise en examen pour une affaire d'attribution de marchés publics à une entreprise de nettoyage en échange d'enveloppes de cash, dans laquelle il sera condamné à de la prison avec sursis. En 2002, la première expérience ministérielle de Renaud Donnedieu de Vabres aux affaires européennes ne dura que 40 jours, à cause d'une mise en examen pour complicité d'infraction à la législation sur le financement des partis politiques. Il sera finalement condamné pour blanchiment d'argent.

Parfois, ce sont des péchés plus véniels qui occasionnent la chute, comme dans le cas d'Hervé Gaymard, autre ministre éphémère (trois mois à peine). Le 15 février 2005, le Canard Enchaîné révèle que la famille Gaymard est hébergée dans un duplex parisien payé par l 'Etat alors qu'elle est propriétaire d'un appartement boulevard Saint-Michel, lequel est mis en location et lui procure donc des revenus. Le ministre doit tirer sa révérence 10 jours plus tard.

Etre ministre sous Sarkozy ? Dangereux !

Le quinquennat de Nicolas Sarkozy fut le plus dense en terme de démissions de ministres (quatre en cinq ans). On assista même à un doublé le 4 juillet 2010, avec le départ simultané d'Alain Joyandet, secrétaire d'Etat à la Coopération et à la Francophonie et de Christian Blanc, secrétaire d'Etat chargé du développement du Grand Paris. Pour le premier, ce sont les 116.500 euros déboursés pour louer un jet privé destiné à un voyage en Martinique qui avaient fait scandale, d'autant qu'il s'agissait de parler de la reconstruction d'Haiti après le tremblement de terre;. Pour le second, c'est un goût immodéré pour les cigares de luxe, de préférence payés avec des fonds publics. Quelques mois plus tard, le départ de Michèle Alliot-Marie ne fut guère plus glorieux. En pleine révolution tunisienne, la ministre des Affaires Etrangères avait eu la délicate attention de proposer au régime de Ben Ali "le savoir-faire de nos forces de sécurité", le Canard Enchaîné révélant dans la foulée qu'elle avait, lors de ses vacances en Tunisie, bénéficié d'un trajet dans un jet privé appartenant à un proche du régime.

Après la chute, tous les ex-ministres ne trouvent pas la capacité à rebondir : Michel Roussin, Pierre Bédier ou Alain Carignon ne sont pas ressortis de l'ombre. Au contraire, Renaud Donnedieu de Vabres a retrouvé un maroquin moins de deux ans après son départ. Et la carrière d'un DSK n'a pas non plus été entravée par sa démission. Pas sa première démission, en tout cas !



Emmanuel Schafroth



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