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Centrafrique: la Cour constitutionnelle rejette les candidatures des groupes armés aux législatives

·3 min de lecture

La Cour constitutionnelle a rendu sa décision vendredi 27 novembre quant à la recevabilité des candidatures aux élections législatives du 27 décembre prochain, qui seront couplées avec la présidentielle. La Cour a égrené les noms des 1585 candidats à la députation, pour les 140 sièges que comptent l’Assemblée nationale centrafricaine. Danielle Darlan, la présidente de la Cour, a notamment fermé la porte aux candidatures des membres de groupes armés.

Avec notre correspondante à Bangui, Charlotte Cosset

À l’énumération des candidats à la députation centrafricaine, les commentateurs ont analysé les batailles qui vont être rudes. Comme à Boali, où le Premier ministre Firmin Ngrebada affrontera notamment Bertin Bea, un pilier du mouvement KNK de François Bozizé.

Puis, Danielle Dalan, la présidente de la Cour constitutionnelle, a prononcé candidatures invalidées et les raisons de ces décisions. Une cinquantaine ont ainsi été écartées pour divers motifs, notamment à l’encontre de l’article 37 : incohérences de dates produites dans les dossiers, casiers judiciaires non conformes…

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La présidente est ensuite passée aux articles 134 et 135 du Code électoral, qui exige que le candidat n’ait pas fait l’objet de condamnation et soit de bonne moralité. Danielle Darlan a alors énuméré les noms d'une quinzaine de candidats invalidés : détournement de fonds, corruption, condamnations… Parmi ces noms, des personnalités importantes, telles que l’un des vice-présidents de l’Assemblée nationale ou son ancien questeur.

« On s'est assez moqué de nous »

Enfin, pour conclure la liste des invalidés, la présidente a pris position sur la participation des éléments des groupes armés et a refusé leurs candidatures aux postes de représentants de la Nation. Une douzaine ont ainsi été rejetés.

« Considérant que le député de la Nation est le représentant du peuple, que le député de la Nation jouit de l’immunité parlementaire qui lui confère une protection en matière pénale. Considérant que la seule présence de membres de groupes armés toujours actifs comme candidats aux législatives est de nature à porter gravement atteinte à la sincérité du vote. Il y a lieu, pour la Cour constitutionnelle, d’écarter les candidatures des membres des groupes armés aux élections législatives », a déclaré Danielle Darlan.

Une décision qui a été chaudement accueilli par l'audience. Arlette Sombo-Dibélé, avocate, s'est confiée : « Ah écoutez, si je pouvais pousser la chansonnette, je dirais que mon cœur est rempli de joie ! Je ne croyais pas que l’on puisse encore dire le droit. Eh bien, vous me voyez réjouie. En tout cas en ce qui concerne ma préoccupation principale que sont les groupes armés : venir tuer, saccager et avoir le culot de se présenter pour continuer sa besogne ! Vous avez entendu le glas. Aujourd’hui, c’est terminé. On s’est assez moqué de nous. »

La prochaine décision de la Cour doit être rendue d’ici le 3 décembre et concernera les candidatures à la présidentielle.