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Burn-out : les patrons français sont sévèrement touchés

Burn-out : les patrons français sont sévèrement touchés

D’après une étude menée par l'observatoire montpelliérain Amarok, près d’un dirigeant sur cinq serait victime d’épuisement professionnel. Les experts-comptables, les agriculteurs et les artisans seraient les plus touchés.

Les patrons ne sont pas à l’abri de faire un burn-out… Bien au contraire. Selon une étude parue dans La Revue française de gestion et relayée par le journal Les Echos, 17,5% des chefs d’entreprise sont exposés à un risque d’épuisement professionnel. Le burn-out commence par l’épuisement, suivi par la dépersonnalisation et la perte d’efficacité, relève la synthèse de l’étude. Pour parvenir à ces résultats, l’Observatoire Amarok, association montpelliéraine a réalisé des entretiens auprès d’un échantillon représentatifs de 1.500 dirigeants. Plusieurs critères ont été pris en compte, l’alimentation, le sommeil, le temps de travail.

Il en résulte que les métiers les plus touchés par le risque de burn-out sont les agriculteurs (35,1%), les artisans (entre 31% et 35%) et les experts-comptables (30,2%). Olivier Torrès, fondateur d’Amarok et chercheur à l’université de Montpellier constate que les agriculteurs sont victimes d’ “une perte progressive de la maîtrise de leur destin. Or, le sentiment de maîtriser son destin est bon pour la santé. Ils sont soumis à des marchés mondiaux, dépendent d’aides européennes et subissent de plein fouet l'agribashing”, comprenez “la critique du mode de production agricole”.

Les dirigeants ressentent le besoin d’être écoutés

Pour remédier à cet état d’épuisement, les professionnels ont la possibilité d’échanger avec une psychologue par écrans interposés. Charlotte Kinowski-Moysan, psychologue clinicienne et coauteur du rapport détaille : “Nous les amenons à se repositionner, à questionner leurs pratiques quotidiennes, à envisager un fonctionnement de l'entreprise en leur absence, à travailler sur la cohérence cardiaque”. Une aide qui semble bénéfique aux chefs d’entreprises qui se sentent écoutés.

Mais cette étude semble avoir eu un autre impact sur les dirigeants. Une des questions était de savoir si leur participation à cette enquête avait modifié le regard qu’ils portaient sur la santé de leurs salariés. 39,8% des patrons employant au moins un salarié “admettent avoir changé aussi de regard sur la santé de leurs salariés”, peut-on lire dans la synthèse de cette étude. Une sensibilisation qui pourrait permettre de grandes avancées dans le milieu professionnel.