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Le budget du gouvernement et ses premières pistes risquent de ne pas satisfaire grand monde

Pourquoi le budget concocté par le gouvernement risque de ne satisfaire personne (photo de Bruno Le Maire prise le 20 juin 2023)
Pourquoi le budget concocté par le gouvernement risque de ne satisfaire personne (photo de Bruno Le Maire prise le 20 juin 2023)

POLITIQUE - Non Bercy. Le gouvernement planche, depuis plusieurs semaines, sur le budget de l’État version 2024 que Bruno Le Maire et son nouveau ministre délégué aux Comptes publics Thomas Cazenave doivent présenter fin septembre. Le duo aura l’occasion d’en dire davantage mercredi 23 août lors du Conseil des ministres de rentrée, premier examen de passage pour une loi de finances périlleuse.

Pour résumer, les cordons de la bourse vont être resserrés. Avec une croissance attendue autour de 1 % en 2023 - contre 2,5 % en 2022 et 6,4 % en 2021 - des recettes fiscales moins dynamiques qu’en 2022, une dette publique de plus de 3000 milliards d’euros et des agences de notation en embuscade, le gouvernement s’échine à trouver 15 milliards d’euros d’économie.

Problème, les marges de manœuvre ne sont pas larges, bien au contraire. Bruno Le Maire et Thomas Cazenave semblent contraints par la promesse originelle du macronisme. Celle qui refuse d’augmenter les impôts, qu’ils concernent les ménages, les entreprises ou les plus aisés. Dans ce contexte, c’est la machine à taxes et à rabots qui pourrait ressortir du placard. Avec le risque de ne convaincre personne, comme le montre la teneur des premières réactions.

Une « offense » aux chefs d’entreprise

Parmi les pistes évoquées ici et là par les différents cabinets, ou ceux qui planchent sur le fameux budget, plusieurs concernent les entreprises. Le gouvernement pourrait ainsi décaler la suppression totale de la contribution sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE), initialement annoncée pour 2024. Réduit de moitié en 2023, cet impôt de production avait rapporté plus de 9,6 milliards d’euros à l’État et aux collectivités locales en 2022.

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Dans cette logique qui consiste cette fois-ci à mettre davantage les patrons à contribution, la majorité aurait également dans le viseur les allègements de cotisations sur les hauts salaires (au-delà de 2,5 smic). Bruno Le Maire souhaiterait aussi s’attaquer aux « niches fiscales brunes », ces crédits ou allégement d’impôts défavorables à l’environnement. Les tarifs réduits dont bénéficie le secteur du BTP, de l’agriculture et du transport de marchandises devraient ainsi disparaître, avec une « première marche » dès cette année selon Le Figaro. En somme, tout ou presque, pour fâcher le patronat.

Sans attendre, nombreux sont ceux à dire leur inquiétude face à ces hypothèses. Le nouveau président du Medef Patrick Martin, par exemple, juge que le décalage de la fin de la CVAE constitue une « offense aux chefs d’entreprise. » « Le gouvernement ne peut-il pas trouver l’argent ailleurs et tenir son engagement ? », s’interroge-t-il dans les colonnes du quotidien économique La Tribune, dans une sorte de mise en garde pour les semaines à venir alors que de nombreux chefs d’entreprise ont préparé leurs plans d’actions en tenant compte de cette réduction.

La baisse d’impôt pour les classes moyennes attendra

D’autant que cette promesse, chère au patronat, n’est pas le seul sujet propice aux frictions dans ce budget. Le président de la CPME (organisme qui représente les petites et moyennes entreprises), François Asselin, pointe pour sa part l’hypothèse émise par l’exécutif concernant la participation des employeurs aux indemnités de ses salariés en arrêt maladie.

Une question d’économie, là aussi, qui ne passe pas vraiment. « C’est un coût direct en plus pour les entreprises, et une manière peu élégante de leur refiler la patate chaude », répond le dirigeant, toujours dans les pages du quotidien spécialisé. Difficile, effectivement, de convaincre un secteur habitué à une politique globalement favorable depuis l’accession au pouvoir d’Emmanuel Macron, de se plier à certains efforts. Ceci, malgré les déclarations de membres du gouvernement, enclins à leur en demander.

Le ministre délégué à l’Industrie, Roland Lescure, a par exemple posé quelques jalons dès sa rentrée médiatique, lundi, pour préparer les esprits aux tours de vis à venir : « Nous avons tous des efforts à faire, une responsabilité vis-à-vis de nos comptes publics », a-t-il assuré sur Europe 1, en prônant le « sérieux budgétaire. » Certains parleraient même d’austérité, comme le redoutait Eric Coquerel fin avril dans les colonnes du HuffPost, après la réaction du gouvernement à la dégradation de la note financière de la France par l’agence Fitch.

La gauche ne veut pas de la hausse des prix des médicaments

À gauche, on ne goûte pas davantage que le patronat aux pistes avancées par l’exécutif. Au-delà des promesses de verdir l’économie en tapant au porte-monnaie des entreprises, plusieurs élus regrettent des mesures qui pourraient toucher directement les ménages, dont les plus modestes. Notons, déjà, que la baisse d’impôt de 2 milliards d’euros promise par Emmanuel Macron aux classes moyennes au plus fort de la crise des retraites est repoussée à la « fin du quinquennat. »

Ce n’est pas tout. Après avoir acté l’abandon des différents boucliers tarifaires (pour une économie de 14 milliards), Bruno Le Maire et Thomas Cazenave veulent également mettre fin au dispositif « Pinel », qui permet aux particuliers de bénéficier de réductions d’impôts sur l’achat d’un logement locatif, et recentrer celui du prêt à taux zéro. Sont également sur la table l’alourdissement de la taxation des sociétés d’autoroute et des billets d’avion.

Un « bougé » qui n’aura pas d’impact sur les prix pour les voyageurs, à en croire plusieurs ministres en opération déminage, conscients du caractère éruptif de telles mesures en pleine inflation, justifiées au nom de l’écologie. Mais, dans ce contexte, c’est sans doute la question du remboursement des médicaments qui posera le plus de problèmes à cette partie de l’échiquier politique, et aux professionnels concernés.

Selon plusieurs médias, une hausse de la franchise sur les boîtes de médicaments (actuellement à 50 centimes) est envisagée. Elle pourrait doubler. Une piste est également à l’étude pour augmenter la franchise sur les consultations chez le médecin. Les Français devraient alors payer davantage. Une tendance injuste pour certains.

« Je trouve ça écœurant », a répliqué la députée insoumise Clémence Guetté ce mardi sur franceinfo, avant de fustiger un gouvernement qui, en donnant « des gages aux agences de notation » et en refusant de s’attaquer « au partage des richesses », finit par « s’en prendre à tout le monde et notamment à ceux qui galèrent déjà. » De quoi donner le ton des premiers débats à venir pour la rentrée parlementaire.

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