La bourse est fermée
  • CAC 40

    5 782,65
    -48,00 (-0,82 %)
     
  • Euro Stoxx 50

    3 669,54
    -35,31 (-0,95 %)
     
  • Dow Jones

    31 496,30
    +572,16 (+1,85 %)
     
  • EUR/USD

    1,1925
    -0,0054 (-0,45 %)
     
  • Gold future

    1 698,20
    -2,50 (-0,15 %)
     
  • BTC-EUR

    40 719,81
    +716,12 (+1,79 %)
     
  • CMC Crypto 200

    982,93
    +39,75 (+4,21 %)
     
  • Pétrole WTI

    66,28
    +2,45 (+3,84 %)
     
  • DAX

    13 920,69
    -135,65 (-0,97 %)
     
  • FTSE 100

    6 630,52
    -20,36 (-0,31 %)
     
  • Nasdaq

    12 920,15
    +196,68 (+1,55 %)
     
  • S&P 500

    3 841,94
    +73,47 (+1,95 %)
     
  • Nikkei 225

    28 864,32
    -65,78 (-0,23 %)
     
  • HANG SENG

    29 098,29
    -138,50 (-0,47 %)
     
  • GBP/USD

    1,3827
    -0,0067 (-0,48 %)
     

Bruno Latour, professeur de Sciences-Po: "En quelques mois, l’économie a cessé d’être notre seul horizon"

·2 min de lecture

INTERVIEW - Bruno Latour, professeur émérite de Sciences-Po, sociologue, anthropologue et philosophe des sciences, revient sur la déflagration créée par le Covid et le confinement. Un appel fort à changer de regard, de cadre de pensée et d’action pour réussir la transition climatique.

Quelle approche de l'économie par temps de pandémie? Entretien avec Bruno Latour, professeur émérite de Sciences-Po, sociologue, anthropologue et philosophe des sciences. Il a écrit de nombreux ouvrages dont le célèbre Où Atterrir et plus récemment Où Suis-je ? (Les empêcheurs de tourner en rond, octobre 2020), dans lequel il revient sur la déflagration créée par la Covid et le confinement. Un appel fort à changer de regard, de cadre de pensée et d’action pour réussir la transition climatique.

Challenges. En quoi la pandémie a-t-elle modifié notre rapport à l’économie ?

Bruno Latour - Depuis le XVIIIe siècle, nous avons fait de l’économie le fondement naturel de l’humanité. Cette idéologie intervient dans tous les détails de notre existence sous la forme d’une infrastructure à laquelle on ajoute le social, l’humain, et s’il reste un peu de place, l’écologie. Or, après trois siècles de règne sans partage, la Covid et le confinement ont jeté le doute sur l’intérêt de repartir « comme avant » sur « la voie du progrès ». L’économie a cessé d’être l’horizon indépassable de notre temps.

C’est l’expérience du confinement qui provoque cette prise de conscience ?

Jamais nous n’avons connu une expérience aussi soudaine, aussi brusque et aussi partagée. C’est plus troublant que la guerre car cela génère un double mouvement contradictoire de mobilisation et de paralysie : d’un côté, la liberté est brimée, de l’autre, nous nous libérons enfin de l’infini. Ce qui a aussi semé le doute en nous, c’est qu’alors que l’économie était posée comme inévitable et indépassable, ses fondements ont changé : les Allemands n’en avaient que pour la dette, l’Etat qui semblait avoir disparu est redevenu très présent...

Tous les repères ont donc sauté et mis en lumière ce que vous appelez dans votre livre un « formatage » des esprits, qui analyse tout au prisme de l’économie ?

Oui. Et ce formatage sert à maintenir une déconnexion entre, d’un côté, « le monde dans lequel je vis » en tant qu[...]

Lire la suite sur challenges.fr

A lire aussi