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Brexit : "pas de temps à perdre" pour les entreprises, à un mois du grand saut

·4 min de lecture

Alors que les négociations avec Bruxelles n'ont toujours pas abouti pour trouver un accord post-Brexit, le gouvernement demande aux entreprises britanniques de se préparer aux multiples défis à venir.

Avec moins d'un mois devant lui pour arriver à un accord post-Brexit avec les Européens et aucune garantie de succès, le gouvernement britannique a pressé lundi 30 novembre les entreprises de hâter les préparatifs aux changements majeurs qui surviendront dans tous les cas.

Le 31 décembre à 23 h GMT s'achèvera la période de transition suivant le divorce historique, prononcé le 31 janvier dernier. Le Royaume-Uni cessera alors d'appliquer les règles européennes et sortira du marché unique.

Après des mois de discussions poussives, les négociations butent toujours pour arriver à l'accord de libre-échange sans quota ni droit de douane espéré qui permettrait de limiter les perturbations aux échanges. Si un compromis est trouvé, il doit encore être ratifié par les Parlements respectifs, rendant les prochains jours déterminants.

"Quel que soit le résultat de nos négociations avec l'UE, il y a des changements certains auxquels les entreprises doivent se préparer dès maintenant", a déclaré Michael Gove, le ministre chargé de coordonner l'action du gouvernement. "Il n'y a pas de temps à perdre".

Perturbations à prévoir

Le ministre en charge des Entreprises, Alok Sharma, a expliqué avoir adressé des courriers à près de cinq millions d'entre elles pour les avertir des défis à venir.

Le gouvernement a aussi commencé à mettre en place un centre d'opérations pour contrôler les mouvements des biens et des personnes à la frontière. Ce centre, qui fonctionnera 24 heures sur 24, sept jours sur sept, a pour but de fournir des informations en temps réel permettant aux autorités de réagir rapidement pour limiter les délais à la frontière.

"Les changements dans la manière de commercer avec l'Europe entraîneront probablement des perturbations à court terme à la frontière", a reconnu le gouvernement britannique. "Cependant, avec un accès à des informations et des renseignements de meilleure qualité qu'auparavant, le gouvernement sera en mesure d'assurer la fluidité de la circulation des marchandises et des personnes et de rendre notre pays plus sûr."

Risque de choc

En cas de "no deal", les échanges entre le Royaume-Uni et l'UE seront régis par les règles de l'Organisation mondiale du commerce, synonymes de coûteux droits de douanes pouvant provoquer un choc économique. Vu le manque de temps pour se préparer, des embouteillages monstres de camions sur les routes menant aux ports, des longues files d'attente au contrôle des passeports, voire des pénuries temporaires de certains produits risquent de survenir.

Le Premier ministre Boris Johnson s'est dit prêt à une telle option et a assuré que cela n'empêcherait pas le Royaume-Uni de prospérer et de nouer des accords avantageux avec de nombreux pays dans le monde.

Mais même en cas d'accord sans droits de douane ni quotas, les entreprises seront soumises à de nouvelles procédures administratives chronophages et à de nouveaux contrôles.

Les négociations butent toujours

Les négociations, actuellement menées à Londres par Michel Barnier et David Frost, butent toujours sur les garanties réclamées aux Britanniques en matière de concurrence, la manière de régler les différends dans le futur accord et l'accès des pêcheurs européens aux eaux britanniques.

Dimanche, le chef de la diplomatie britannique Dominic Raab a estimé que la pêche restait "une pomme de discorde majeure", martelant que le Royaume-Uni doit "avoir le contrôle de ses eaux".

Selon des sources européennes, Michel Barnier a proposé que l'UE restitue 15 à 18 % du total des quotas européens pêchés dans les eaux britanniques et de récupérer de façon symétrique les quotas pêchés par les Britanniques en Atlantique et dans le Golfe de Gascogne.

Velléités d'indépendance de l'Écosse

"Dans tout juste un mois, nous serons confrontés à un Brexit dur, soit sans accord soit avec un accord à faible portée", a tempêté lundi la Première ministre écossaise indépendantiste Nicola Sturgeon, dont le territoire a voté massivement contre la sortie de l'UE. "Les dégâts à court terme seront graves, mais les dégâts à long terme seront pires", a-t-elle averti. "Nous devons nous poser la question : en qui avons-nous confiance pour reconstruire notre économie, un gouvernement écossais que nous avons élu ou la bande de 'Brexiters' de Boris Johnson ?"

Le Brexit, puis la gestion très critiquée de l'épidémie de coronavirus par Londres, ont alimenté les velléités d'indépendance de l'Écosse, désormais largement majoritaires dans les sondages.

Avec AFP