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Brest: le maintien, son retour sur un banc, l’affaire Galtier... Eric Roy se livre

Brest: le maintien, son retour sur un banc, l’affaire Galtier... Eric Roy se livre

Eric, le Stade Brestois était 17e et relégable à votre arrivée le 3 janvier. Quatre mois plus tard, le voilà 15e avec trois points d'avance sur Nantes. Quel regard vous portez sur ce parcours ?

Ça s'est amélioré, déjà, en nombre de points et c'est bien. On sait qu'il y a quatre descentes. C'est évident que si c'était le format précédent, on serait plus tranquille. On a notre petit championnat à quatre équipes pour la descente avec des finales, de l'enjeu et beaucoup de pression. Emotionnellement, c'est une fin de saison superbe à jouer. Je le dis aux joueurs. On est privilégié de jouer ce genre de match pour atteindre notre objectif.

Vous avez semblé prendre la main très vite sur votre groupe ? Comment vous vous y êtes pris?

Quand on vient dans l'urgence comme c'était le cas et comme en plus, je suis venu seul, il faut découvrir tout le monde, le groupe, le staff et fédérer. Il a fallu passer beaucoup de temps avec les joueurs individuellement, les découvrir en tant qu'homme et sur le terrain. Travailler beaucoup les liens pour redonner la confiance. Sur les cinq premiers matchs, on n'a pas perdu. On a fait beaucoup de nuls mais on a déjà rassuré l'équipe avec un jeu minimaliste bloc bas et procéder en contre. Depuis, on voit que de plus en plus le bloc avance et à Lorient dimanche dernier (défaite 2-1), même si on n'a pas été récompensé, on a joué dans leur camp toute la 1ère période par exemple avec des risques assumés derrière. Aujourd'hui, on est dans une bonne dynamique.

Vous le disiez, vous êtes arrivé seul ici ce qui est de plus en plus rare et a pu rebuter certains entraineurs prétendants? Vous n'avez pas eu peur?

Moi je voulais retrouver un projet ce qui était difficile car ça faisait longtemps que je n'avais pas entrainé. Après Nice (novembre 2011), je n'avais pas le diplôme. Le temps de l'obtenir, il se passe trois ans. Le temps s'écoule et quand tu sors du milieu, du système, on t'oublie vite. Quand Brest se présente, je ne suis pas vraiment en position d'imposer des choses. Le cahier des charges était clair. Il fallait venir seul. Je n'ai pas trop réfléchi. Je suis venu avec beaucoup d'envie et j'ai découvert des adjoints, des gars du club qui sont dans une cause commune. Je suis très content et à l'arrivée je ne suis pas seul. J'ai des adjoints compétents, honnêtes et sérieux (Julien Lachuer, Bruno Grougi, Yvon Bourgis, Christophe Revel). Les entraineurs veulent souvent leur petite zone de confort. Parfois ce n'est pas plus mal de découvrir d'autres personnes et d'échanger.

"Tant mieux si en me voyant arriver, certains ont pensé Brest déjà condamné"

En décembre, Grégory Lorenzi le directeur sportif disait rechercher un entraineur jeune, inexpérimenté, avec des idées neuves. Et débarque Eric Roy, 55 ans. Il y a eu de la défiance. Vous l'avez compris?

Mais je suis un jeune entraineur puisque je n'ai pas beaucoup entrainé (rires). Dans ce métier, je n'ai pas d'expérience. La défiance, ça ne me pose pas de problème. Au contraire, ces réactions me vont plutôt bien. Si quand on m'a vu arriver on s'est dit "Brest ils sont déjà condamnés" c'est l'opportunité de fédérer le groupe sur un objectif que peu de monde nous voyait atteindre.

Soixante-dix matchs coachés avec Nice en 2010-2011 puis plus de 11 ans d'attente. Être oublié comme vous avez dit, ça a été dur à vivre?

On m'a sollicité souvent en France et à l'étranger pendant ces années mais ça ne s'est pas fait. Je pense qu'il faut l'accepter. C'est comme ça. Je n'ai jamais décroché du foot. J'ai été à d'autres postes où alors à la TV comme ici à RMC Sport. Il y a toujours eu l'envie du terrain mais pas le projet. Et quand Greg m'a appelé, ça a été rapide. Et puis cette longue pose, je n'ai pas l'impression que ça a été un manque pour être efficace de suite quand j'ai repris ce rôle.

C'était un manque viscéral de retrouver le terrain?

Oui car j'aime travailler avec les joueurs, en groupe, fédérer les mecs autour d'un projet. C'est ma passion pour le foot qui me dévore depuis que je suis tout gamin. J'ai toujours baigné dans le foot avec un papa international et la chance de faire une carrière que j'ai commencé tard à 20 ans. C'est une formidable chance. J'ai un cursus différent aujourd'hui en tant qu'entraineur mais je ne vois pas ça comme un obstacle.

Vous avez été directeur marketing puis du recrutement puis du développement puis directeur sportif...

(Il coupe) Le métier d'entraineur ne sonnait pas au départ comme une évidence à la fin de ma carrière. C'est pour ça que j'ai passé un diplôme de manager. J'avais envie de voir l'envers du décor d'un club de foot que je ne connaissais pas. Ces expériences ont été très enrichissantes car elles me permettent aujourd'hui dans mon rôle d'entraineur d'avoir une vision globale d'un club, de voir que tout le monde doit avancer ensemble dans tous les services. Marketing, commercial, communication... j'ai même passé un diplôme de stadium manager à l'époque du grand stade de Nice.

Vous preniez du plaisir avec ces tâches plus administratives?

Ce que je préfère c'est être sur le terrain clairement mais oui j'ai pris beaucoup de plaisir à étudier, à me former mais je pense que mon rôle, c'est plus le terrain que de vendre des espaces publicitaires mais je pense être curieux de tout et j'aime prendre de la hauteur sur les choses.

Avec votre expérience, comment vous voyez le foot français aujourd'hui? On semble à des années lumières de regagner une Coupe d'Europe?

Non je ne pense pas. Il n’y a pas longtemps on avait deux clubs en demi-finale de Ligue des champions. Les Italiens en ont deux cette année alors que l'on disait que le championnat italien avait beaucoup baissé. Ce sont des cycles. Je ne pense pas que le foot français ait régressé. En France, quand les joueurs sont bons ils sont capables de jouer partout. C'est la preuve que la Ligue 1 est compétitive. Le PSG fait une saison ratée en Coupe d'Europe c'est un manque mais il n'a pas manqué grand-chose pour que Marseille, Rennes ou Nice aillent plus loin. En Ligue 1, je vois aussi tous les week-ends que les clubs sont compétitifs.

Vous avez connu Lens comme directeur sportif de 2017 à 2019. Est-ce que ce n'est pas le vrai champion de la saison pour tout ce qu'il dégage?

C'est sûr que pour les gens qui aiment le foot, Lens propose des choses et avec un budget bien moins important que d'autres. Je connais bien ce club pour avoir été un peu à la base de la reconstruction et ça fait plaisir de voir cette évolution car ils sont restés ancrés dans leurs valeurs en essayant d'avoir une équipe qui leur ressemble et ressemble aux gens du Nord. Le club a compris ce que les gens attendent de leur équipe. C'est une des forces de Franck Haise de faire perdurer ça avec en plus le jeu proposé.

Ils sont en train d'aller haut et vite ? Ça vous surprend?

Un peu. Faut le reconnaitre. Il n'y a pas si longtemps, c'était la Ligue 2 et une grande souffrance pour les supporters. Quand je suis arrivé en octobre 2017 en Ligue 2, le club avait quatre points en 10 matchs. On pensait plus à se sauver du National. Aujourd'hui, ils jouent presque le titre. Bravo à eux ça fait plaisir.

"L'impression que l'affaire Galtier va plus faire plouf qu'un tollé"

Nice est un autre de vos anciens clubs. On a l'impression que le projet INEOS avance très doucement. Est-ce que cela vous surprend?

Non pas vraiment car la difficulté d'un club, c'est la croissance et à quelle vitesse tu la vises. On pense qu'il faut des moyens très importants pour construire une équipe. Lens aujourd'hui prouve le contraire avec une construction année après année intelligente. A Nice, cette année le recrutement n'a pas du tout été fait dans le bon sens. Des joueurs sont arrivés qui ne connaissaient pas du tout le championnat avec des niveaux inégaux. On a dépensé beaucoup d'argent pour pas grand-chose. Maintenant, Florent Ghisolfi est arrivé de Lens. Je pense qu'il a des idées bien précises car ceux qui ont fait le recrutement avant mis en place par INEOS ne connaissaient sans doute pas bien et le championnat et Nice. Ils étaient dans une situation d'urgence et dans l'urgence, c'est difficile de faire des choses cohérentes.

Récemment dans l'affaire Fournier-Galtier, vous avez été le seul à émettre des doutes sur Julien Fournier. Est-ce que vous auriez des choses à dire aux enquêteurs qui mènent les entretiens en ce moment?

Ah non. Malheureusement non! La seule chose que je sais, c'est que comme je connais bien les deux, je pense que si Christophe Galtier était un raciste, on le saurait et je le saurais. J'ai émis des doutes parce que l'autre protagoniste, j'ai travaillé avec lui et je sais qu'il emploie des méthodes très limites parfois. Après, en aucun cas je ne suis au courant de cette affaire et j'ai plutôt l'impression que ça va faire plus plouf qu'un grand tollé.

On a l'impression d'une grande omerta avec des joueurs concernés qui ne veulent pas parler…

Oui, pourquoi ? Je ne sais pas. Le problème c'est que quand on doit composer un effectif, est-ce qu'alerter pour que soit respecter les équilibres dans un vestiaire peut amener à être taxé de raciste ou c'est juste être taxé de cohérence sportive et de management ? Par exemple, il y a la CAN qui va avoir lieu l'hiver prochain, est-ce que c'est cohérent d'avoir 10 joueurs qui peuvent être appelés et que tu vas perdre pendant deux mois? Est-ce que dire ça, c'est du racisme?

Pour revenir à Brest, avant cette défaite à Lorient, vous restiez sur trois victoires et trois nuls. A quatre journées de la fin, sur quoi tout va se jouer?

On faut avoir la mentalité maintien et on l'a avec la solidarité entre nous pour relever ce challenge. On est en train de faire ce qu'il faut y compris en termes de points dans les projections que j'avais pu faire au groupe à mon arrivée. Aujourd'hui, les deux matchs qui arrivent à domicile (Auxerre et Clermont) vont être déterminants et vont nous faire basculer d'un côté ou de l'autre. Mais on se prépare avec beaucoup de sérénité.

Vos prédécesseurs Olivier Dall Oglio ou Michel Der Zakarian en conflit avec certains cadres ont souvent dit que le groupe brestois ne travaillait pas assez dur. Comment vous le qualifieriez votre groupe?

Je trouve qu'ils ont un très bon état d'esprit et qu'ils ont envie de s'en sortir. En termes d'exigence, je n'ai rien à leur reprocher. Il faut aussi mettre le curseur au bon endroit en le connaissant bien pour savoir ce qu'on peut demander aux uns et aux autres. Il y a quelques garçons aujourd'hui qui sont frais dans la tête car ils sont plus épanouis.

Trois matchs à Le Blé sur quatre restent à jouer. Vous avez le calendrier idéal ?

Je pense sincèrement qu'il faudra qu'on se batte jusqu'à la fin. Et il faut l'avoir sans cesse à l'esprit pour ne pas être surpris. Des équipes qui ne sont pas programmées pour ça et le moment venu elles peuvent être désemparées.

Vous pensez à Nantes notamment? Strasbourg?

Je ne veux pas parler des adversaires. Moi, je sais que je rabâche à mes joueurs depuis mon arrivée que ça se jouera le dernier match. Ils ont ça ancré en eux.

Combien de points encore vous faut-il?

Quand je suis arrivé et que je tirais des plans sur la comète, je me disais que 38 points suffiraient. On en a 35 et ça ne suffira pas. Tout dépendra des autres.

"Qu'Auxerre ou Brest descendent, pour certains çà passerait mieux"

Sur le banc, vous portez casquette et l’écharpe du club. Ça plait aux supporters. C'est important de vous identifier au club ?

Oui je pense que c'est très important de s'imprégner de l'environnement, du contexte quand tu arrives quelque part. Brest est un club qui travaille bien car tout le monde est à sa place. Les supporters sont à leur place. La direction est à sa place. C'est un contexte favorable qui peut être difficile à tenir quand on vit une saison compliquée. Il y a beaucoup de clubs où ça débouche sur des dérives qui impactent les joueurs qui ont peur de jouer à domicile. Ici tout est favorable. On sait que dimanche au stade, il y aura une ferveur populaire avec un public acquis à notre cause et même si au début, ça se passe mal, ils ne lâcheront pas et nous pousseront. Cet environnement nous fera gagner des points qui compteront à la fin de la saison.

C'est le portrait d'un club qui mérite de rester en Ligue 1 que vous dressez?

Exactement! Même si je sens qu'il y a une pensée globale pour dire "Mais non Strasbourg ne peut pas descendre car ils ont un beau stade. Nantes ne peut pas descendre parce qu'ils ont de grands supporters". Et qu'Auxerre ou Brest descendent, pour certains, ça passerait mieux. Ça donne l'impression qu'il faudra compter que sur nous-même.

Vous êtes en fin de contrat en juin. De quoi vous avez envie ensuite?

Du maintien et de partir en vacances (sourires)! La suite on verra. On a été clair avec Grégory Lorenzi. On ne se parlera que quand les choses seront calées dans un sens ou dans l'autre. Mais oui, je veux continuer sur le terrain, dans un projet un groupe. Si c'est à Brest, ce serait super et si c'est ailleurs, c'est ailleurs. C'est toujours amusant aussi de voir qu'à partir du moment où tu reviens dans le milieu, on se remet aussi à penser à toi. Des gens qui t'avaient oublié. "Tiens, il peut entrainer en fait". Mais tout ça dépendra de la fin de saison, donc pour finir avec la phrase classique du footballeur: on va prendre les matchs les uns après les autres (rires).

Article original publié sur RMC Sport