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La Bourse de Paris tracassée par les tensions dans le Golfe

Salle de contrôle d'Euronext, l'opérateur de la Bourse de Paris, à La Défense, le 27 avril 2018

Paris (AFP) - La Bourse de Paris continuait de s'inquiéter lundi à la mi-journée (-0,92%) des conséquences de la montée des tensions au Moyen-Orient qui l'ont fait repasser sous la barre des 6.000 points.

A 13H35 (12H35 GMT), l'indice CAC 40 perdait 55,5 points à 5.988,63 points, dans un volume d'échanges de 1,2 milliard d'euros. Vendredi, la place parisienne avait fini stable à 6.044,16 points.

La cote a reflué dès l'ouverture et ses pertes se sont accentuées au cours de la matinée.

Wall Street s'apprêtait de son côté à reculer également à l'ouverture. Le contrat à terme sur l'indice vedette Dow Jones Industrial Average se repliait de 0,54%, celui sur l'indice élargi S&P 500 de 0,49% et celui sur le Nasdaq, à forte coloration technologique, de 0,61%.

Les marchés avaient commencé à rétrograder dès vendredi après la mort d'un éminent général iranien tué par un raid militaire américain à Bagdad.

"Comme on pouvait le craindre, l'assassinat par une frappe américaine d'un général iranien à Bagdad détourne les investisseurs des marchés actions vers les valeurs refuge", observe Franklin Pichard, directeur général de Kiplink Finance.

Ainsi, l'or, traditionnelle valeur de repli, est monté lundi à des niveaux plus vus depuis plus de six ans et demi.

Les cours du pétrole poursuivaient également leur progression sur des craintes concernant l'approvisionnement, dans le sillage du bond de vendredi.

Depuis, la tension est encore montée au cours du week-end à travers des échanges de rhétorique.

Le parlement irakien a adopté dimanche une résolution réclamant la fin de la présence de troupes américaines dans le pays, un vote qui a conduit les États-Unis à brandir la menace de sanctions contre Bagdad.

Par ailleurs, le président des États-Unis Donald Trump a menacé dimanche de frapper 52 sites ciblés en Iran si la République islamique attaquait du personnel ou des sites américains en guise de représailles à la mort du général Soleimani.

-"La géopolitique sert d'excuse"-

En outre, l'Allemagne, la France et la Grande-Bretagne ont appelé dimanche l'Iran à abandonner les mesures qui sont contraires à l'accord nucléaire de 2005, alors que Téhéran vient d'annoncer qu'il s'affranchissait de toute limite sur l'enrichissement d'uranium.

"Maintenant qu'un accord de phase 1 entre les États-Unis et la Chine semble prêt à être signé au milieu de ce mois, les marchés vont devoir maintenant composer avec la perspective d'un état durable de tensions élevées entre les États-Unis et l'Iran pour les mois à venir (...)", estime Michael Hewson, analyste pour CMC Markets.

"La géopolitique sert d'excuse aux indices boursiers pour s'éloigner des niveaux de sur-achat de la fin 2019", relève pour sa part Jasper Lawler, analyste à London Capital Group.

Côté macroéconomique, la croissance de l'activité privée en zone euro s'est légèrement accélérée en décembre, selon la seconde estimation de l'indice PMI composite du cabinet Markit.

Au Royaume-Uni, l'activité dans les services, qui représente le gros de l'économie britannique, s'est aussi légèrement redressée en décembre grâce à un éclaircissement sur le front du Brexit après la victoire des conservateurs aux élections législative.

En revanche, en Chine, l'activité dans les services a connu en décembre son rythme de progression le plus faible depuis mai 2019.

Les valeurs pétrolières continuaient de profiter de la hausse des cours du pétrole : plus forte hausse des rares titres dans le vert sur le CAC 40, Total gagnait 1,83% à 50,63 euros. TechnipFMC avançait de 0,68% à 19,26 euros.

En revanche, les secteurs automobile et aéronautique souffraient: Renault perdait 0,50% à 41,02 euros et PSA 2,77% à 20,73 euros. Air France-KLM abandonnait 2,12% à 9,24 euros.

Michelin s'effritait de 0,42% à 107,35 euros en dépit d'un relèvement de recommandation à "surpondérer" contre "neutre" par JPMorgan.

Ipsen lâchait 2,02% à 77,80 euros après que JPMorgan a abaissé sa recommandation à "sous-pondérer" contre "neutre".

Plastic Omnium cédait 1,07% à 24,02 euros. JPMorgan a pourtant relevé sa recommandation à "surpondérer" contre "neutre".