La bourse est fermée

La Bourse de Paris toujours anxieuse à mi-séance (-2,25%)

Salle de contrôle d'Euronext, l'opérateur de la Bourse de Paris, à La Défense, le 27 avril 2018

Paris (AFP) - La Bourse de Paris continuait de céder à l'anxiété lundi à mi-séance, face aux craintes concernant la propagation du virus mortel en provenance de Chine et à un indicateur allemand décevant.

A 14H00 (13H00 GMT), l'indice CAC 40 lâchait 135,26 points à 5.889,00 points dans un volume d'échanges de 2,3 milliards d'euros.

Après une ouverture en net recul, la place parisienne a creusé ses pertes au cours de la matinée.

Wall Street se préparait de son côté à ouvrir également dans le rouge. Le contrat à terme sur l'indice vedette Dow Jones Industrial Average reculait de 1,38%, celui de l'indice élargi S&P 500 de 1,31% et celui du Nasdaq, à forte coloration technologique, de 1,68%.

Les marchés de Chine continentale, de Hong Kong, de Corée du sud et d'Australie étaient fermés. A la Bourse de Tokyo, l'indice Nikkei a dévissé de plus de 2% lundi à la clôture.

"Les actions liées à la Chine sont à la peine, les acteurs de marché craignent que la crise sanitaire réduise l'activité économique", souligne David Madden, analyste chez CMC Markets.

Des scientifiques de l'Université de Hong Kong (HKU) ont mis en garde quant à une accélération de la propagation du coronavirus, qui a officiellement fait 80 morts en Chine.

Au total, 2.744 cas ont officiellement été confirmés dans ce pays, dont celui d'un bébé de neuf mois, alors que le nombre de cas suspects a doublé en l'espace de 24 heures, à près de 6.000.

Le virus a d'ores et déjà été détecté dans une dizaine de pays, jusqu'en Amérique du Nord et en Europe, au travers de personnes qui arrivaient de Wuhan.

Dimanche, de hauts responsables sanitaires chinois ont fait savoir que la capacité de propagation du virus s'était "renforcée", même s'il ne s'avère pas "aussi puissant que le Sras" à l'origine d'une épidémie meurtrière en 2002-2003.

Afin de limiter les déplacements de population et enrayer l'épidémie, Pékin a décidé de suspendre les voyages organisés à l'étranger, ce qui pourrait considérablement affecter le tourisme mondial.

Pour enfoncer le clou, le moral des entrepreneurs allemands a légèrement baissé en janvier, malgré un net regain de confiance dans l'industrie, selon le baromètre IFO publié lundi. Les analystes tablaient au contraire sur une hausse de 0,7 points à 97 points.

Dans ce contexte tendu, les résultats de plusieurs poids lourds de la cote américaine et européenne attendus cette semaine pourraient rester secondaires au vu de l'actualité.

- Luxe, tourisme, aérien fébriles -

Toutes les sociétés dépendantes du marché chinois sont touchées, et particulièrement les secteurs du luxe, de l'aérien et du tourisme.

Kering perdait 3,59% à 552,70 euros, LVMH lâchait 3,37% à 402,25 euros euros et Hermès 4,98% à 675,60 euros.

Plus forte baisse du CAC 40, le titre fabricant de semi-conducteurs STMicroelectronics plongeait de 5,08% à 26,33 euros.

Le sidérurgiste ArcelorMittal, valeur très sensible à la Chine et à la croissance, dévissait de 3,91% à 13,55 euros.

SEB pâtissait sévèrement (-6,05% à 121,20 euros) d'une baisse de recommandation sur le titre par HSBC d' "achat" à "conserver".

Dans le tourisme, Accor souffrait (-3,75% à 36,75 euros). Air France-KLM chutait de 6,24% à 8,39 euros.

PSA cédait 2,67% à 18,76 euros. Le groupe automobile a annoncé qu'il allait rapatrier ses expatriés et leurs familles vivant dans la région de Wuhan.

Capgemini se repliait de 1,85% à 116,85 euros après le succès de son OPA sur Altran (+1,27% à 14,70 euros), contestée par des actionnaires minoritaires, avec 53,57% du capital collecté, selon un avis de l'Autorité des marchés financiers (AMF).