La bourse ferme dans 6 h 55 min

La Bourse de Paris rattrapée par les inquiétudes sur le commerce (-0,52%)

Salle de contrôle d'Euronext, l'opérateur de la Bourse de Paris, à La Défense, le 27 avril 2018

Paris (AFP) - La Bourse de Paris restait défiante mercredi à la mi-journée (-0,52%), échaudée par des propos de Donald Trump qui n'exclut pas de relever les taxes douanières sur la Chine, tandis que le Sénat américain s'est prononcé en faveur des droits de l'Homme à Hong Kong.

A 12H55 (11H55 GMT), l'indice CAC 40 reculait de 30,60 points à 5.878,45 points, dans un volume d'échanges de 1 milliard d'euros. La veille, il avait fini en repli de 0,35%, après avoir toutefois signé un nouveau plus haut en séance.

La cote parisienne a débuté dans le rouge, repassant sous les 5.900 points, et ne s'est pas départie de cette tendance par la suite.

Wall Street s'apprêtait à ouvrir en repli. Le contrat à terme sur l'indice vedette Dow Jones Industrial Average reculait de 0,39%, celui sur l'indice élargi S&P 500 de 0,36% et celui sur le Nasdaq, à forte coloration technologique, de 0,50%.

"Les relations commerciales entre les Etats-Unis et la Chine ont pris un tour négatif alors que le président Donald Trump a menacé de relever "encore davantage" les droits de douane si un accord n'est pas conclu" avec Pékin, a souligné dans une note David Madden, un analyste de CMC Markets.

"L'annonce du président américain a frappé les marchés actions ce matin, les investisseurs se préparant à une forme de réplique sévère du gouvernement chinois", a-t-il complété.

Le Sénat américain a en outre adopté mardi à l'unanimité un texte soutenant les "droits de l'Homme et la démocratie" à Hong Kong, provoquant la colère de Pékin qui a convoqué un haut diplomate américain.

"Dans l'immédiat, les investisseurs devraient considérer que ces tensions ne sont pas de nature à faire dérailler l'accord partiel (sur le commerce entre la Chine et les Etats-Unis). Lequel n'est pourtant toujours pas signé et ne fait l'objet ni d'une date de signature ni d'un lieu de cérémonie à ce stade", a toutefois estimé Tangi Le Liboux, un stratégiste du courtier Aurel BGC.

Du côté des indicateurs, la Banque centrale européenne (BCE) a indiqué dans un rapport publié mercredi que la période prolongée de taux d'intérêt bas en zone euro est propre à générer des prises de risques pouvant menacer la stabilité financière.

La Commission européenne a épinglé pour sa part mercredi huit pays, dont la France et l'Italie, estimant que leurs prévisions budgétaires pour 2020 présentaient "un risque de non-conformité" avec les règles européennes.

Les investisseurs prendront également connaissance des minutes de la Fed après la clôture des Bourses européennes.

La Banque centrale chinoise a de son côté annoncé mercredi une légère baisse d'un des taux préférentiels qu'imposent les banques commerciales à leurs clients, la seconde mesure du genre cette semaine pour soutenir une économie en plein ralentissement.

- ADP porté par une recommandation d'analyste -

Côté valeurs, les titres liés aux matières premières et à l'automobile, particulièrement sensibles aux développements sur le commerce, accusaient le coup.

Eramet s'enfonçait de 4,22% à 42,46 euros, ArcelorMittal de 2,04% à 14,47 euros, Imerys de 1,88% à 36,44 euros tandis que Vallourec et GTT se repliaient de respectivement 1,12% à 2,39 euros et 1% à 2,28 euros.

De son côté, Faurecia cédait 1,59% à 46,36 euros, Plastic Omnium 1,10% à 24,36 euros et Valeo 1,48% à 35,40 euros. Renault (-1,19% à 43,54 euros) et Peugeot (-0,88% à 22,50 euros) souffraient également.

EDF perdait 1,51% à 9,12 euros. Le géant français de l'électricité a annoncé mercredi qu'il cédait ses 49,99% de parts au sein de sa coentreprise nucléaire américaine CENG, achevant un désengagement entamé en 2014.

Aéroports de Paris profitait à l'inverse ("2,05% à 178,80 euros) d'un relèvement de sa recommandation à "surperformer" par RBC Capital Markets.

Bureau Veritas était dopé ("1,72% à 23,64 euros) après des informations de presse faisant état d'une possible fusion avec le groupe suisse SGS, spécialisé dans l'inspection et la certification de produits, selon Bloomberg News.