La bourse est fermée

La Bourse de Paris rassurée ("1,12%), mais sans euphorie, par la Fed

Salle de contrôle d'Euronext, l'opérateur de la Bourse de Paris, à La Défense, le 27 avril 2018

Paris (AFP) - La Bourse de Paris a clôturé en nette hausse ("1,12%) mardi, au terme d'une séance chaotique, en raison de l'annonce surprise de la Fed qui a décidé de baisser de 50 points de base ses taux directeurs afin d'atténuer l'impact économique du coronavirus.

L'indice CAC 40 a progressé de 59,65 points à 5.393,17 points, dans un volume d'échanges toujours très nourri de 7,5 milliards d'euros. La veille, il avait déjà terminé dans le vert ("0,44%).

La décision de la Fed va donner "un coup de fouet significatif à l'économie" américaine, a estimé Jerome Powell, son président, qui a également souligné l'incertitude régnant autour de "l'ampleur et la persistance" de l'épidémie.

"C'est quand même une bonne nouvelle à court terme car cela permet d'avoir plus d'espoir par rapport à une reprise économique qui est sérieusement entachée par la crise du coronavirus" même si "cela ne résout rien et que le marché va donc rester nerveux", a estimé auprès de l'AFP Alexandre Neuvy, responsable de la gestion privée chez Amplegest.

De son coté, la présidente de la Banque centrale européenne (BCE) Christine Lagarde s'est dite prête lundi soir à "prendre les mesures appropriées" face aux risques que la progression du nouveau coronavirus fait courir à l'économie, donnant rendez-vous aux marchés le 12 mars, à l'occasion de la prochaine réunion de l'institution.

Le marché, depuis une dizaine de jours, "n'est plus focalisé sur les fondamentaux mais continue à être dirigé par les annonces" sanitaires, celles du G7 ou encore des banques centrales, et "traditionnellement, une baisse des taux, c'est quand même bon pour tout le monde", selon M. Neuvy.

"Les marchés attendaient cela et donc ils ont été servis", a-t-il complété.

D'autant que peu avant cette décision surprise, le communiqué des pays du G7 avait laissé les investisseurs quelque peu sur leur faim.

"Les ministres des Finances du G7 sont prêts à agir, y compris à prendre des mesures budgétaires si c'est approprié, pour (...) soutenir l'économie", selon ce communiqué publié à la suite d'une conférence téléphonique.

Les banquiers centraux s'engagent de leur côté à "continuer à accomplir leurs mandats", c'est-à-dire à "soutenir la stabilité des prix et la croissance économique tout en maintenant la résilience du système financier", selon ce texte.

Côté indicateurs, l'inflation en zone euro a reculé en février, selon un chiffre provisoire, très en deçà de l'objectif de la BCE, et qui pourrait être un signe de l'impact du coronavirus.

- Les bancaires souffrent -

Le secteur bancaire a pâti des mesures d'assouplissement monétaire annoncées ou attendues des deux côtés de l'Atlantique.

Société Générale a terminé en queue du CAC 40 (-3,16% à 24,23 euros), Crédit Agricole a perdu 2,34% à 10,23 euros et BNP Paribas s'est replié de 1,48% à 42,81 euros.

Les valeurs qui avaient flanché la semaine dernière, comme les matières premières, les loisirs et les transports, ont repris en revanche des couleurs.

ArcelorMittal a grappillé 0,62% à 12,90 euros, STMicroelectronics a avancé de 2,55% à 24,94 euros et Airbus a bondi de 4,18% à 112,12 euros.

Saint-Gobain a été porté ("2,74% à 32,80 euros) par une hausse de recommandation par Société Générale sur son titre à "acheter".

Air Liquide a avancé de 1,44% à 126,85 euros à la suite de son entrée en négociations exclusives avec la société de capital-investissement française Hivest Capital Partners, pour lui céder sa filiale CryoPDP.