La bourse ferme dans 7 h 5 min

La Bourse de Paris ferme en baisse, lestée par la hausse de l'euro après la BCE

La Bourse de Paris termine à l'équilibre, temporisant sur fond de tassement de la progression de son homologue américaine et alors que la vigueur de l'euro freine quelque peu les initiatives acheteuses

Paris (AFP) - La Bourse de Paris a clôturé dans le rouge jeudi (-0,29%), pénalisée par la remontée de l'euro après la publication des minutes de la Banque centrale européenne (BCE), dont le ton jugé plus confiant a causé une forte tension des taux d'intérêt de la dette souveraine.

L'indice CAC 40 a reculé de 16,13 points à 5.488,55 points, dans un volume d'échanges soutenu de 4 milliards d'euros. La veille, il avait fini en recul de 0,35%.

La cote parisienne a ouvert en petite hausse, mais cette tentative de rebond a été de courte durée, l'indice ayant ensuite oscillé autour de l'équilibre avant de perdre du terrain.

"Le vrai moment du changement, dans une séance qui était jusqu'alors assez stable, a été la publication des minutes de la BCE à 13h30 avec l'euro qui a accéléré rapidement au-dessus de 1,20 dollar et les indices européens qui ont pris à nouveau un tournant baissier à ce moment-là", a expliqué auprès de l'AFP Alexandre Baradez, analyste chez IG France.

C'est "clairement lié à la tonalité de ce compte-rendu", les minutes ayant "surpris par leur côté moins accommodant, plus directionnel", a-t-il ajouté, citant le fait que la BCE avait indiqué "qu'une poursuite de l'assouplissement monétaire n'était pas considérée comme justifiée" et qu'elle avait souligné sa "confiance accrue dans le fait que les pressions inflationnistes (allait) se développer".

Cela a eu pour conséquence de "tirer tous les rendements obligataires à la hausse et de faire grimper l'euro, ce qui plaît moyennement aux marchés actions", a souligné M. Baradez.

"La thématique banques centrales et politiques monétaires, et surtout la question du rythme de la poursuite de la politique monétaire est le gros thème du début d'année", a-t-il poursuivi, estimant que la volatilité présente sur le marché obligataire était susceptible de se transmettre au marché actions en 2018, comme c'est le cas depuis quelques jours.

Du côté des indicateurs, l'agenda a été fourni mais sans réelle influence sur l'indice. Parmi les points les plus observés, l'Allemagne a vu sa croissance accélérer en 2017, à 2,2%.

La production industrielle dans la zone euro a, elle, continué sa progression en novembre ("1% sur un mois).

Outre-Atlantique, les prix à la production ont reculé en décembre pour la première fois en presque un an et demi tandis que les inscriptions hebdomadaires au chômage aux Etats-Unis ont augmenté, à la surprise des analystes, pour atteindre leur plus haut niveau en presque 4 mois.

- Sodexo en queue de peloton -

Sur le front des valeurs, Sodexo s'est enfoncé de 5,12% à 104,70 euros après un premier trimestre décevant. Le groupe a par ailleurs vu la recommandation d'Investec abaissée à "conserver" contre "acheter" auparavant.

STMicroelectronics a de son côté gagné 2,09% à 20,00 euros, dopé par un relèvement de sa recommandation à "surperformer" par Credit Suisse.

Air France-KLM a reculé de 2,85% à 13,31 euros, lesté par un abaissement de sa recommandation à "conserver" contre "acheter" auparavant par HSBC.

Le groupe n'a pas profité de l'information du quotidien économique Il Sole 24 Ore selon laquelle la compagnie britannique à bas coût EasyJet aurait décidé de s'allier à la compagnie, associée à Delta, pour présenter une offre de reprise de leur homologue italienne en difficulté Alitalia.

Le secteur bancaire a fini bien orienté, profitant de la remontée des taux d'emprunt. BNP Paribas a gagné 0,86% à 67,00 euros, Natixis 0,99% à 7,11 euros, Société Générale 0,95% à 46,57 euros et Crédit Agricole 0,49% à 15,24 euros.

Elior a bénéficié ("1,47% à 17,90 euros) du relèvement de sa recommandation à "acheter" par Berenberg.

TF1 a également été soutenu (+1,55% à 12,47 euros) par le relèvement de sa recommandation à "acheter" par Kepler Cheuvreux.

A l'inverse, Fnac-Darty a été pénalisé (-2,30% à 101,80 euros) par un abaissement de sa recommandation à "conserver" par HSBC.

Theranexus s'est envolé de 7,40% à 16,00 euros après avoir annoncé la délivrance du brevet couvrant son candidat médicament THN102 pour le traitement de la narcolepsie et de la maladie de Parkinson, parachevant ainsi la protection de sa technologie.