La bourse est fermée

La Bourse de Paris continue à souffrir sévèrement du coronavirus (-2,39%)

Salle de contrôle d'Euronext, l'opérateur de la Bourse de Paris, à La Défense, le 27 avril 2018

Paris (AFP) - La Bourse de Paris continuait à souffrir sévèrement (-2,39%) jeudi à la mi-journée de la propagation de l'épidémie liée au nouveau coronavirus et de son impact sur l'économie et les entreprises.

A 13H19 (12H19 GMT), l'indice CAC 40 s'enfonçait de 135,58 points à 5.548,97 points dans un volume d'échanges de 2,5 milliards d'euros. La veille, il avait réussi à finir à l'équilibre ("0,09%).

Le cote parisienne a débuté en net recul et n'a pas réussi à redresser la tête depuis.

De son côté, Wall Street s'apprêtait à ouvrir en baisse notable également. Le contrat à terme sur l'indice vedette Dow Jones Industrial Average se repliait de 0,98%, celui de l'indice élargi S&P 500 de 0,91% et celui du Nasdaq, à forte coloration technologique, de 0,96%.

"L'aversion au risque a repris (...), laissant croire que la stabilisation technique a fait long feu. Les mises en garde de la part des entreprises concernant l'impact de la crise sanitaire sur leurs performances se multiplient et, au-delà des compagnies aériennes et du secteur du tourisme, elles touchent l'industrie du luxe, l'agroalimentaire, les spiritueux et la technologie", a noté Franklin Pichard, directeur général de Kiplink Finances.

Selon lui, "désormais les investisseurs attendent des signes tangibles que la propagation du virus a atteint son pic avant de revenir sur les actifs risqués".

"En absolu, le nombre de contaminations reste faible en dehors de Chine et le nombre de victimes de l'épidémie de coronavirus est négligeable comparé à celui de n'importe quelle grippe saisonnière. Mais celle-ci n'impose pas de fermer des usines et de mettre l'activité économique à l'arrêt. Si les foyers d'infection se multiplient sur la planète, le coût économique de cette future probable pandémie devrait rapidement s'envoler", a estimé pour sa part Tangi Le Liboux, un stratégiste du courtier Aurel BGC.

Même si le président américain Donald Trump s'est voulu rassurant mercredi soir en insistant sur le fait qu'une large propagation du nouveau coronavirus aux Etats-Unis n'était pas inévitable, les investisseurs retenaient surtout jeudi l'extension inexorable du virus à travers le monde.

L'Arabie saoudite a suspendu l'entrée sur son territoire des pèlerins se rendant à la Mecque et le virus a débarqué en Amérique latine, qui n'avait pas encore été touchée par l'épidémie, en y entrant par le Brésil.

Le Pakistan a également annoncé mercredi ses deux premiers cas. En Europe, Autriche, Suisse, Norvège, Roumanie, Croatie, Macédoine du Nord, Grèce, Espagne et Danemark sont désormais touchés en plus de l'Italie et de la France.

Jeudi, le nombre de nouveaux cas quotidiens de Covid-19 enregistrés hors du territoire chinois a ainsi dépassé celui annoncé en Chine (433), où le virus est apparu en décembre. La Corée du Sud a fait état à elle seule de plus de 500 contaminations supplémentaires.

- Bond d'Engie -

Sur le terrain des valeurs, Engie restait en tête de l'indice CAC 40 avec un gain de 4,44% à 16,34 euros, profitant d'une performance opérationnelle en hausse, portée notamment par l'amélioration du nucléaire en Belgique ou encore les renouvelables.

Carrefour montait également ("3,64% à 16,67 euros) après être repassé au vert en 2019, essentiellement grâce à la plus-value de cession de ses activités en Chine, finalisée à 80% fin septembre.

Fnac Darty décollait de 5,07% à 41,86 euros, porté par le maintien de ses ventes, même si le groupe a annoncé un bénéfice net 2019 en baisse de 30%.

Les valeurs liées au tourisme souffraient en revanche de la propagation de l'épidémie, à l'instar d'Accor (-2,66% à 33,64 euros) et d'Air France (-8,81% à 7,25 euros).

SoLocal Group décollait de 25,63% à 0,50 euro alors que le groupe qui édite les sites PagesJaunes et Mappy a poursuivi peu à peu son redressement en cours d'année 2019 et a renoué avec les bénéfices.