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La Bourse de Paris accroît ses pertes (-2,01%)

Salle de contrôle d'Euronext, l'opérateur de la Bourse de Paris, à La Défense, le 27 avril 2018

Paris (AFP) - La Bourse de Paris accentuait ses pertes lundi en milieu de matinée (-2,01%) du fait du risque sanitaire engendré par la propagation de l'épidémie de coronavirus et après un indicateur allemand moins bon que prévu.

A 10H50 (09H50 GMT), l'indice CAC 40 perdait 121 points à 5.903,06 points. Vendredi, la cote parisienne avait fini en net rebond (+0,88%).

"Le développement du coronavirus chinois envoie un message de rappel à la vigilance", écrit Hervé Goulletquer, directeur adjoint de la recherche à La Banque Postale Asset Management (LBPAM). "Dans ce contexte, l'ambiance est à l'aversion pour le risque sur les marchés", ajoute-t-il.

Pour Franklin Pichard, directeur général de Kiplink Finance, "les craintes entourant la crise sanitaire agissent désormais comme un prétexte pour prendre des bénéfices" alors que les valorisations des actions est à un niveau élevé.

Au moins 80 personnes sont mortes en Chine après avoir été infectées par ce nouveau coronavirus, selon un dernier bilan provisoire des autorités locales qui multiplient les mesures drastiques pour freiner la contagion tant à l'intérieur qu'en dehors du pays.

Pour l'heure, 13 pays et territoires ont annoncé des cas de maladie due au coronavirus de la famille du Sras depuis sa propagation en décembre à partir de la ville chinoise de Wuhan.

Afin de limiter les déplacements de population, Pékin a décidé de suspendre les voyages organisés à l'étranger, ce qui pourrait considérablement affecter le tourisme mondial.

Pour enfoncer le clou, le moral des entrepreneurs allemands a légèrement baissé en janvier, malgré un net regain de confiance dans l'industrie, selon le baromètre IFO publié lundi. Les analystes tablaient au contraire sur une hausse de 0,7 points à 97 points.

Les résultats de plusieurs poids lourds de la cote américaine et européenne attendus cette semaine pourraient rester secondaires au vu de l'actualité.

"L'événement historique de la semaine, mais qui devrait laisser les investisseurs indifférents, sera la sortie du Royaume-Uni de l'Union Européenne" vendredi, note Christian Parisot, analyste pour Aurel BGC.

Les deux zones économiques ont désormais 11 mois pour mettre en place toutes les mesures et accords après la période de transition, devant se terminer à la fin de l'année 2020. Dans ce contexte, la réunion de la Banque d'Angleterre sera suivie avec attention. Comme celle de la Réserve fédérale américaine jeudi.

- Luxe, tourisme, aérien affectés -

Toutes les sociétés dépendantes du marché chinois sont touchées, et particulièrement les secteurs du luxe, de l'aérien et du tourisme.

Les valeurs du luxe étaient à la peine: Kering perdait 3,80% à 551,40 euros, LVMH lâchait 3,45% à 401,95 euros euros et Hermès 3,88% à 683,40 euros.

Dans le tourisme, Accor souffrait (-3,98 euros à 36,66 euros). Air France-KLM chutait de 4,94% à 8,50 euros.

Le sidérurgiste ArcelorMittal, valeur très sensible à la Chine et à la croissance, tombait de 3,59% à 13,60 euros.

PSA cédait 2,34% à 18,82 euros. Le groupe a annoncé qu'il allait rapatrier ses expatriés et leurs familles vivant dans la région de Wuhan.