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Birmanie: tirs sur des manifestants, les journalistes de plus en plus ciblés

·4 min de lecture

Les tensions restent vives, ce mardi 2 mars, en Birmanie avec de nouveaux manifestants blessés, dont trois dans un état grave. De plus en plus de journalistes sont ciblés par les autorités, qui font fi des condamnations internationales. Les ministres des Affaires étrangères des pays d’Asie du Sud-Est se sont entretenus ce mardi avec un représentant de la junte. Les participants ne sont pas arrivés à se mettre d'accord.

« Une vingtaine de personnes ont été blessées » dans la ville de Kale (nord-ouest) par la police et l'armée venues disperser un rassemblement pro-démocratie, a indiqué à l'AFP un secouriste. « Trois, touchées par des tirs à balles réelles, doivent être opérées en urgence et sont dans un état critique », a précisé un docteur de l'hôpital où elles ont été transportées.

Quelques heures plus tôt, un journaliste birman, Kaung Myat Hlaing, a été arrêté à son domicile lors d'une opération musclée des forces de sécurité, selon son employeur, Democratic Voice of Burma (DVB). Des tirs ont été entendus lors de l'arrestation qu'il a lui-même filmée en direct et dont les images ont été retransmises sur les réseaux sociaux.

Ces nouvelles tensions interviennent deux jours après une journée de répression meurtrière au cours de laquelle au moins 18 personnes ont été tuées, selon l'ONU.

Par crainte de représailles, les manifestants étaient moins nombreux ce mardi à descendre dans les rues, notamment à Rangoun, la capitale économique. Certains ont tout de même érigé des barricades de fortune avec des pneus, des panneaux de bois et des barres de métal pour se protéger.

« Nettoyer »

Face à eux, les forces de sécurité ont été déployées en nombre. Dans le quartier de Sanchaung, dans le nord de la ville, « elles ont tiré des gaz lacrymogènes et des munitions en caoutchouc », a rapporté un habitant. « Elles viennent ici pour nettoyer le quartier », a relevé un autre.

Les vagues d'arrestations se poursuivent avec 1 300 interpellations lors de la seule journée de dimanche, selon la chaîne de télévision d'État MRTV.

Les journalistes ont de plus en plus de mal à travailler. Plusieurs ont été arrêtés ces derniers jours, dont un photographe de l'agence de presse américaine Associated Press. D'autres ont été visés par des tirs de balles en caoutchouc, notamment deux employés par l'agence chinoise étatique Xinhua (Chine Nouvelle).

« Pas de pardon »

On dénombre une trentaine de morts dans les rangs des manifestants depuis le 1er février, d'après une ONG, l'Association d'aide aux prisonniers politiques (AAPP).

Ce mardi, des centaines de personnes se sont rassemblées dans un petit cimetière de Rangoun pour les funérailles d'une des victimes, Nyi Nyi Aung Htet Naing, tué par un tir dans l'estomac. « Il n'y a pas de pardon pour vous jusqu'à la fin du monde », a chanté la foule, rassemblée devant le cercueil couvert de fleurs de cet étudiant mort à 23 ans.

Quelques heures avant son décès, Nyi Nyi Aung Htet Naing avait posté un dernier message sur les réseaux sociaux : « De combien de cadavres l'ONU a-t-elle besoin pour agir ? »

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Réactions internationales

Les violences meurtrières suscitent un concert de condamnations internationales. L'ambassadeur birman aux Nations unies, Kyaw Moe Tun, a lui-même rompu de manière spectaculaire avec les généraux putschistes la semaine dernière en appelant à « mettre fin au coup d'État ». Il a été démis de ses fonctions par la junte.

Mais Pékin et Moscou, alliés traditionnels de l'armée birmane, considèrent cette crise comme une « affaire intérieure » au pays.

De nouveaux entretiens internationaux doivent avoir lieu. Les quinze membres du Conseil de sécurité de l'ONU, y compris la Chine, envisagent de tenir cette semaine une nouvelle réunion sur la Birmanie, selon des sources diplomatiques.

Réunion de l'Asean : pas d'accord

Les ministres des Affaires étrangères des pays d’Asie du Sud-Est se sont entretenus ce mardi avec un représentant de la junte pour stopper la répression des manifestants, de plus en plus sanglante. Il n’y a pas de communiqué commun à l’issue de cette réunion en ligne, car les participants ne sont pas arrivés à se mettre d'accord.

Très diplomatiquement, Brunei, qui dirigeait le rendez-vous, a appelé dans un communiqué toutes les parties à la retenue. Mais la ministre indonésienne des Affaires étrangères a exprimé sa frustration devant le manque de coopération du régime birman et a appelé à la libération de tous les prisonniers. Elle a aussi dit son inquiétude devant la montée de la violence

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