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Biodiversité : ce rapport chiffre le coût très élevé des espèces invasives pour la planète

Les espèces invasives menacent entre autres la sécurité alimentaire, l’accès à l’eau, l’économie et la santé humaine.

Le frelon asiatique fait partie des espèces invasives présentes en France. Elle y a été introduite accidentellement en 2004.

ENVIRONNEMENT - Une armée de plantes, d’animaux et de microbes menace l’humanité. À sa tête, la jacinthe d’eau, le rat noir ou encore le faux mimosa. Elles font partie des espèces exotiques envahissantes, introduites par l’homme, et gagnent du terrain de plus en plus rapidement à l’échelle mondiale, causant des dégâts faramineux alerte ce lundi 4 septembre l’IPBES, surnommée le Giec de la biodiversité.

Frelon asiatique, écrevisse américaine mais aussi ambroisie, renouée du Japon ou mignons écureuils et ratons laveurs : ces êtres vivants prolifèrent, favorisés par la mondialisation ou le changement climatique. Problème : ils ne vivent pas au bon endroit et déséquilibrent les écosystèmes : ils ravagent les cultures et les forêts, sont facteur de maladies et menacent de plus en plus la qualité de la vie sur Terre.

Pour évaluer et contrer cette « urgence immédiate », l’IPBES a publié un rapport inédit, synthèse de plus de 13 000 études réalisée par 86 experts internationaux de 49 pays. Sur la planète, on dénombre 37 000 espèces exotiques, introduites par l’homme sur un territoire. Moins de 10 % sont considérées comme invasives, c’est-à-dire qu’il existe « des preuves » des « effets négatifs, et dans certains cas irréversibles » qu’elles provoquent, selon ce panel qui conseille la Convention des Nations unies sur la diversité biologique (CDB). Parmi ces ennemis publics, 6 % sont des plantes, 22 % des invertébrés, 14 % des vertébrés et 11 % des microbes.

Une des causes de l’incendie meurtrier de Maui

Les espèces invasives sont une grave menace pour la biodiversité : elles jouent un « rôle majeur » dans 60 % des extinctions et dans 16 % des cas, elles en sont même l’unique cause indique ce nouveau rapport. Leurs principaux méfaits sont de bouleverser les écosystèmes (27 %), d’entrer en compétition avec les espèces indigènes (24 %) ou la prédation (18 %), selon l’IPBES qui alerte « sur les effets en cascade ».

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Exemple emblématique : le récent incendie meurtrier à Maui, à Hawaï, a été alimenté en partie par des plantes importées pour nourrir le bétail, qui se sont propagées dans les plantations sucrières abandonnées. Car les espèces invasives ont également une incidence négative sur les humains, affectant « les moyens de subsistance, la sécurité alimentaire, l’accès à l’eau, l’économie et la santé », souligne le rapport.

La liste des dégâts est longue : forêts américaines ravagées par des vers sauteurs asiatiques, herbiers mangés avidement par le poisson-lapin en Turquie, cercle vicieux lié à l’introduction de la perche du Nil dans le lac Victoria qu’avait décrit le documentaire « Le cauchemar de Darwin », etc. En 2019, leur coût global a été estimé à 423 milliards de dollars, l’équivalent du PIB du Danemark ou de la Thaïlande. Un montant « probablement grandement sous-estimé », qui quadruple chaque décennie depuis 1970.

Surnommés « tueur silencieux », comme le Batrachochytrium dendrobatidis, un champignon microscopique qui décompose la peau des amphibiens, « cancer vert » comme le Miconia calvescens, un arbre mexicain qui menace les forêts tahitiennes ou « fléau » porteur de maladies comme le moustique-tigre, les espèces exotiques envahissantes résultent d’introductions volontaires mais aussi de simples accidents.

La Méditerranée regorge par exemple de poissons et de plantes non-indigènes, tels le poisson-lion ou les algues dites « tueuses », qui ont voyagé en passagers clandestins dans les cales des cargos, depuis la mer Rouge via le canal de Suez. Le frelon asiatique a lui aussi été introduit en France par accident.

Ne rien faire face au problème coûtera encore plus cher

L’Europe, les Amériques et l’Asie centrale abritent les plus grandes concentrations de ces nuisibles. Et les îles et les peuples indigènes très dépendants de la nature sont particulièrement vulnérables. « Les menaces liées aux invasions biologiques progressent à un rythme sans précédent » partout dans le monde « et c’est certain, les choses vont encore grandement s’aggraver », déclare à l’AFP Helen Roy, l’une des trois co-présidents du rapport. Si rien n’est fait, l’IPBES estime que leur nombre aura augmenté de 36 % en 2050 comparé à 2005.

Le combat est-il pour autant perdu d’avance ? Pas forcément. « L’un des messages les plus importants du rapport est qu’il est possible de réaliser des progrès ambitieux dans la lutte contre les espèces exotiques envahissantes » martèle l’IPBES, qui liste trois lignes de défense : la prévention, l’éradication et le confinement, la première restant « l’option la plus rentable ».

Mais encore faut-il s’y atteler. Pour l’instant, seuls 17 % des pays ont adopté des stratégies nationales pour s’attaquer frontalement au problème et près de la moitié (45 %) ne font rien, est-il indiqué. « Le coût de l’inaction est vraiment élevé », souligne Anibal Pauchard, coprésident du rapport. « Les humains sont au cœur du problème mais ils sont également au centre de la solution », renchérit Helen Roy.

L’accord de Kunming-Montréal, adopté par la communauté internationale fin 2022, fixe comme objectif de réduire de 50 % le taux d’introduction d’espèces exotiques envahissantes d’ici 2030. Selon Anne Larigauderie, secrétaire exécutive de l’IPBES, cet engagement est « essentiel, mais aussi très ambitieux ». Le rapport fournit « les preuves, les outils et les options nécessaires » pour le rendre « plus réalisable ».

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