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Le bio se démocratise, mais un syndicat alerte sur les risques de dérive

Le bio a le vent en poupe. En 2018, la grande distribution a enregistré quasiment la moitié des achats des ménages, avec 4,47 milliards d'euros de chiffre d'affaires sur 9,1 milliards de produits bio achetés dans l'Hexagone. En face, les 1.500 points de vente des enseignes spécialisées historiques (la Vie Claire, Naturalia, Biomonde, L'eau vive, Biocoop, etc.) ont vendu pour 3,1 milliards d'euros, soit le tiers du total (le reste correspond aux ventes en ligne, directes ou de petits commerçants indépendants).

Mais la progression des enseignes spécialisées entre 2017 et 2018 (+7,7%) est bien moindre que celle de la grande distribution (+22,6%), qui a fortement développé ses linéaires et gammes bio en marque de distributeur comme en marque nationale. Après une polémique au printemps sur le chauffage des serres, faisant craindre une industrialisation à marche forcée de l'agriculture bio au mépris de ses "valeurs" de respect des saisons et de la terre, suivie d'une deuxième polémique à la rentrée, cette fois sur les marges des produits frais bio en grande surface, l'Agence bio, chargée d'accompagner le développement de l'alimentation bio en France, met les pieds dans le plat.

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Lors des "Assises de la bio" qu'elle organise jeudi à Paris, deux des plus grands acteurs du secteur sont invités à s'expliquer : Michel-Edouard Leclerc, patron du groupe éponyme, et Benoit Soury, directeur du marché Bio chez Carrefour et représentant de la Fédération du commerce et de la distribution. Leur venue s'accompagne de la parution d'un sondage réalisé pour l'Agence bio selon lequel pour une majorité de Français (61%), le prix des produits bio ne prend pas principalement en compte le travail des agriculteurs, mais davantage l'effet cumulé des frais marketing ou des marges des distributeurs et des industriels.

Avant ce rendez-vous, le syndicat regroupant les enseignes spécialisées, le Synadis bio, a lancé mercredi une campagne de communication

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