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Le Big Bang fiscal de Biden: l'ambition et le "bon sens"

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La réforme fiscale que veut faire adopter Joe Biden, la plus ambitieuse depuis plusieurs générations, rééquilibre l'impôt au détriment des plus riches et des multinationales. Elle n'est pas vendue comme une révolution mais une réforme de bon sens, placée sous le signe de l'équité.

Joe Biden a-t-il viré sa cuti à gauche, ou bien ressemble-t-il simplement à l'Amérique profonde? A la vue du "big bang fiscal" qu'il propose au pays, la question mérite d'être posée. De mémoire de politicien américain, en tout cas, on n'avait pas vu pareille ambition depuis plusieurs générations.

La liste des réformes, débattues au Congrès ou en projet, est impressionnante. Le premier plan de dépenses, un programme de sauvetage de l'économie face à la crise du coronavirus, adopté par le Congrès, ne comportait pas de mesure fiscale notable. Mais le deuxième plan, qui prévoit d'investir massivement dans les infrastructures, sera largement financé par des mesures fiscales concernant les entreprises, en particulier les multinationales.

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Qu'on en juge: le plan lèverait 2.700 milliards de dollars sur 15 ans, dont près de la moitié proviendrait d'un relèvement du taux de l'impôt sur les bénéfices, passant de 21 à 28% (il était de 35% avant la réforme fiscale de Trump en 2017). Même si le nouveau taux ne serait encore que la moitié de ce qu'il était dans les années 1960, il s'agirait de la plus forte hausse d'impôt sur les entreprises de toute l'histoire américaine, si l'on exclut les hausses liées au financement des guerres.

Mais ce n'est pas tout! Le plan Biden mettrait fin à une gigantesque partie de cache-cache, dans laquelle chaque réforme fiscale est déjouée par des entreprises bardées d'avocats et d'experts-comptables, qui trouvent toujours la faille permettant de ne pas payer d'impôt. On en a eu un énième exemple, début avril, avec la publication d'un rapport de l'Institute on Taxation and Economic Policy, un think tank de gauche: il montre que 55 des plus grandes entreprises américaines n'ont payé aucun impôt fédéral sur leurs profits en 2020 (plus de 40 milliards de dollars) et qu'elles ont même reçu un rabais fiscal de 3,5 milliards - autrement dit, leur taux d'imposition fédéral effectif a été de... -9%. Pire: 26 de ces entreprises, ayant accumulé 77 [...]

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