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Beaujolais nouveau : le siroter au bureau, c’est permis ?

Le traditionnel (jeune) vin rouge de l’automne fait son grand retour ce jeudi 16 novembre. Certaines entreprises choisissent de le célébrer avec les salariés : mais quelle est la législation en la matière ? Décryptage avec Caroline Horny, avocate spécialisée en droit du travail.

“Le Beaujolais nouveau est arrivé”. La ritournelle, qui a donné son nom à une comédie française des années 1970 avec Jean Carmet et Michel Galabru, va encore s’afficher sur les devantures des bars et autres caves à vin. Ce sera ce 16 novembre, troisième jeudi du mois, date traditionnelle du retour annuel de ce breuvage, que l’on consomme (bien sûr) avec modération. En 10 jours seulement, l’an dernier, ses ventes avaient représenté un chiffre d’affaires de 22 millions d’euros. Même s’il n’a plus son aura d’autrefois, après plus d’une décennie de déclin, le Beaujolais nouveau reste un rituel apprécié des Français… qui peut être l’occasion d’un pot festif au travail. Mais est-ce bien légal ?

“L’employeur peut autoriser la consommation d’alcool sur le lieu de travail. Attention, cette autorisation se limite à quatre type de boissons bien définies : le vin, le cidre, le poiré (sorte de cidre de poire) et la bière. Le Beaujolais nouveau peut donc être fêté dans le cadre d’un pot”, rappelle Caroline Horny, avocate spécialisée en droit du travail et membre du réseau Eurojuris. Néanmoins, depuis 2014, un décret permet aux entreprises de limiter, voire d’interdire totalement les alcools sus-cités, via le règlement intérieur, s’il y en a un, ou par une note de service. “Mais ces limitations ou interdictions doivent être justifiées et proportionnées au but de sécurité recherché”, précise Caroline Horny. Et de citer des exemples d’entreprises où les salariés manipulent des substances dangereuses, ou font beaucoup de route, augmentant les risques d’accident en cas de trop forte consommation d’alcool.

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