La bourse est fermée

Beate Uhse : la chute du roi du sex-shop

Une fois n’est pas coutume, un leader allemand a sombré faute d’avoir misé sur la qualité et la technologie. Le sexe n’échappe pas aux lois du business.

Le costume Leg Avenue de Mère Noël à moitié prix, le Fleshlight Masturbateur Real Feel à 29,90 euros au lieu de 59,99 euros, la boîte Toy Joy Super Sex Bomb, avec menottes, œuf vibrant, lubrifiant, masque et plumeau, etc., bradée à 30 euros ! Certes, c’était la période des soldes en cette fin janvier, mais Adam et Eve, vaste boutique du centre-ville de Lille, ne savait plus quoi inventer pour attirer le chaland. La fréquentation y est d’ailleurs si faible que le sex-shop ferme souvent à 19 h 45 au lieu de 21 h 45. La proximité de l’hôtel Carlton, rendu célèbre par l’affaire Strauss-Kahn, n’y change rien…

L’ambiance morne qui règne dans l’échoppe nordiste est à l’image de la débandade que connaît sa maison mère allemande, Beate Uhse, dont le logo orne la façade. Baptisée du nom de sa fondatrice, décédée en 2001, la société installée près de Hambourg connaît une mauvaise passe. Première chaîne de sex-shops d’Europe, BU (prononcez "be you") a déposé le bilan en décembre dernier, incapable de faire face à une dette de 30 millions d’euros et à des pertes cumulées de 20 millions.

Quant au chiffre d’affaires, il a été divisé par deux en dix ans, tombant à 120 millions d’euros. C’est ainsi : le marché du godemiché et du latex n’échappe pas plus qu’un autre à la révolution numérique. "BU a été dépassé par la montée du Net et par sa propre folie des grandeurs", résume en expert Grégory Dorcel, numéro 1 français du film X.

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Beate Uhse s’est fait connaître après-guerre en Allemagne avec une entreprise de vente par correspondance de produits "stimulants". A l’époque, les aphrodisiaques (...) Cliquez ici pour voir la suite