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Bayou surveillé par des féministes ? EELV se fissure mais dit « sa confiance » dans la cellule interne

Julien Bayou (ici le 25 août 2022) espionné par des féministes ? Cette enquête sème le trouble chez EELV
OLIVIER CHASSIGNOLE / AFP Julien Bayou (ici le 25 août 2022) espionné par des féministes ? Cette enquête sème le trouble chez EELV

OLIVIER CHASSIGNOLE / AFP

Julien Bayou (ici le 25 août 2022) espionné par des féministes ? Cette enquête sème le trouble chez EELV

POLITIQUE - Le « cas particulier » de Julien Bayou agite EELV. Déboussolé par la démission de leur chef de file, accusé publiquement par Sandrine Rousseau de « comportements de nature à briser la santé morale des femmes », sur la base du témoignage de l’ex-compagne du député de Paris, le parti écolo ne parvient pas à quitter la tourmente. Ce sont désormais les pratiques de certaines militantes qui sont remises en cause au sein même d’EELV.

Dernier épisode en date ce vendredi 30 septembre. Selon Libération, le patron d’Europe Écologie les verts, qui a quitté ses fonctions le 26 septembre, a été « mis sous surveillance » ces trois dernières années, par un « collectif féministe informel » qui lui reprochait sa conduite et enquêtait sur ses relations privées.

« Il y avait clairement, dès 2019, une campagne animée par des féministes pour le faire tomber », raconte par exemple une ancienne compagne du député, contactée à l’époque par ce « groupe » composé d’une poignée de militantes. Parmi les personnes qui ont questionné les « ex » de Julien Bayou, en dehors de tout cadre formel du parti, figureraient des adhérentes EELV, dont une membre de commission féminisme et de la cellule violences sexuelles et sexistes (VSS) des Verts, cellule désormais chargée d’enquêter sur le signalement dont l’élu parisien est l’objet.

« Ne pas confondre guillotine et révolution »

Des révélations qui ont provoqué un petit choc dans le microcosme politique. Au-delà des réactions outrées de plusieurs observateurs, nombreux sont les militants à relayer l’enquête du quotidien. Pendant que certaines voix du parti s’inquiètent de ce qu’elles voient comme des « dérives », d’autres mettent en garde contre un possible « backlash » (retour de bâton) contre les féministes. Preuve de ce malaise, la direction d’EELV réunit sa direction ce samedi pour « réfléchir à la meilleure façon de traiter ce cas particulier », selon une source citée par l’AFP.

Dans ce contexte, l’eurodéputée EELV Karima Delli n’a pas hésité à parler publiquement de « délire ». « Le féminisme n’est pas l’inquisition », a-t-elle écrit sur Twitter, vendredi, quelques minutes après la publication de l’enquête de Libération, en exhortant ses collègues : « Il est temps de se parler maintenant avant qu’il ne soit trop tard ! »

Mêmes critiques pour Eva Joly, l’ancienne candidate des écolos à l’élection présidentielle, « pour qui la fin ne justifie pas les moyens ». « La lutte contre le patriarcat passe évidemment par la libération de la parole, pas par de pareils égarements », cingle l’ancienne magistrate sur les réseaux sociaux, avant de déplorer des « agissements hors de tout cadre » qui « desservent la cause qu’ils sont censés faire avancer et sont dangereux pour celles-là mêmes qu’on prétend protéger ».

Un message massivement relayé dans les rangs écologistes, par Yannick Jadot notamment, l’eurodéputé pour qui la démission de Julien Bayou n’est pas justifiée, étant donné que la cellule d’EELV n’a pas rendu son travail.

Dans le même esprit, un élu écolo plaide au HuffPost pour ne pas « confondre la guillotine et la révolution ». « Ce qui m’interroge en tant que parti, c’est comment on gère collectivement. Si on veut lutter contre le patriarcat il faut de vraies instances », nous disait-il vendredi 30 septembre, en réaction à l’article. C’est donc l’un des thèmes de la réunion convoquée ce samedi par les instances des verts. Pour quelles décisions ?

Un retour de bâton contre les féministes ?

Si de nombreuses voix s’élèvent pour s’inquiéter des pratiques relevées par Libération, d’autres regrettent la tournure du débat, porté désormais sur les militantes féministes, davantage que sur la lutte contre les violences sexistes et sexuelles. Raphaëlle Rémy-Leleu, par exemple, se dit « extrêmement étonnée » auprès du HuffPost, par l’angle de l’enquête publiée sur Julien Bayou, qui, selon elle, « part du présupposé que la violence, les dégâts faits à la société viendrait des combats féministes et non pas de la source de la violence initiale. »

On plonge en plein dans la rhétorique masculiniste des femmes féministes grandes inquisitrices, hystériques, névrosées qui s’organiseraient entre elles pour faire tomber les hommes
Raphaëlle Rémy-Leleu, conseillère EELV de Paris

« C’est une petite rengaine que l’on entend depuis le début de #MeToo. J’ai l’impression qu’on plonge en plein dans la rhétorique masculiniste des femmes féministes grandes inquisitrices, hystériques, névrosées qui s’organiseraient entre elles pour faire tomber les hommes », déplore la conseillère EELV de Paris, « comme si c’était maintenant le moment politique du backlash, du retour de bâton. » En d’autres termes, la crainte d’une bascule considérant que « la libération de la parole des femmes, dont on a dit qu’elle était importante, c’est bien, mais c’est allé trop loin. »

Comme Audrey Pulvar, l’adjointe à la mairie de Paris, sur les réseaux sociaux, Raphaëlle Rémy-Leleu ne trouve pas anormal de voir des femmes « maltraitées d’une manière ou d’une autre », « se parler entre elles ». Bien au contraire, « c’est au fond l’hymne des femmes, ’parlons-nous, regardons-nous’ », nous dit l’élue parisienne, engagée sur les enjeux féministes.

« Dans un contexte politique patriarcal, dans un système où il est très dur de parler et d’être crue en tant que femme, bien sûr que des femmes vont d’abord parler entre elles pour interroger la légitimité, la réalité de ce qu’elles ont vécu », insiste-t-elle, « épuisée », par la « séquence ». « Il y a un vrai besoin de recentrer l’attention non pas sur les femmes qui font comme elles peuvent, mais sur les racines du mal. » Le débat n’est pas près de s’éteindre, chez les Verts et au-delà.

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