La bourse est fermée

La Banque mondiale joue la carte verte, Ajay Banga à sa tête en parfait candidat

Washington a placé Ajay Banga, ex-PDG de Mastercard, aux commandes de l'institution. Sa mission? La réformer. Mais la priorité à l'environnement fait déjà des vagues.

Quand on est président de la Banque mondiale et que l'on vous demande si les énergies fossiles sont à l'origine du changement climatique, mieux vaut éviter de botter en touche en affirmant que l'on n'est "pas un expert".

Depuis que David Malpass a commis cette erreur, en septembre dernier, il était sur un siège éjectable. En jetant l'éponge, il laisse le terrain libre à la secrétaire américaine au Trésor, Janet Yellen, qui entend jouer un rôle de premier plan dans la réinvention de cette institution multilatérale née de la Seconde Guerre mondiale.

Elle est aujourd'hui accusée d'être inefficace, bureaucratique, aux mains des pays riches et insuffisamment attentive à la crise climatique. Tout le monde s'accorde sur la nécessité de changer le logiciel, mais l'unanimité s'arrête là. Et afin de parvenir à un consensus, Ajay Banga est pour Washington le candidat idéal pour mener une réforme en profondeur.

Ajay Banga.
            
            Patron à poigne, en pointe dans la lutte contre le réchauffement climatique, il devra aussi être un diplomate de haut vol.
Ajay Banga. Patron à poigne, en pointe dans la lutte contre le réchauffement climatique, il devra aussi être un diplomate de haut vol.

Ajay Banga. Patron à poigne, en pointe dans la lutte contre le réchauffement climatique, il devra aussi être un diplomate de haut vol. (Ting Shen/Pool Via CNP/Zuma/Rea)

Ajay Banda, l'élu rêvé

D'abord, il est de nationalité américaine, comme le veut la tradition. Mais il est né et a grandi en Inde, pays avec lequel il a gardé des liens étroits. De quoi être bien vu des nations en développement. Ensuite, il est en pointe dans la lutte contre le réchauffement climatique et le financement de la transition énergétique, alors que l'institution est relativement en retard sur ces questions.

En 2020, Mastercard, dont il était le PDG, a créé la Priceless Planet Coalition, un groupe d'une centaine d'entreprises investissant pour préserver l'environnement. Enfin, du fait de ses anciennes fonctions, il a prouvé qu'il savait gérer un mastodonte financier et il est apprécié de Wall Street. Bonne nouvelle: l'une des priorités de Janet Yellen est de voir la Banque mondiale mobiliser les capitaux privés pour investir dans le monde en développement, notamment via des partenariats avec des[...]

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