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La banque australienne Westpac accusée d'avoir enfreint les lois anti-blanchiment

La banque australienne Westpac, l'une des quatre plus importantes du pays, a été accusée mercredi de violations "graves et systématiques" des lois anti-blanchiment par les autorités financières

Sydney (AFP) - La banque australienne Westpac, l'une des quatre plus importantes du pays, a été accusée mercredi de violations "graves et systématiques" des lois anti-blanchiment par les autorités financières, à hauteur de plus de sept milliards de dollars, et risque d'importantes amendes.

Le service australien de renseignement financier Austrac a annoncé avoir engagé des poursuites judiciaires contre l'établissement bancaire qui, selon lui, a omis de déclarer plus de 19,5 millions de transferts de fonds internationaux, dont des "transactions à haut-risque" avec les Philippines et des pays d'Asie du sud-est, potentiellement liées à l'exploitation d'enfants.

La responsable de l'Austrac, Nicole Rose, n'a pas fait de commentaire sur le montant d'une possible amende, affirmant que cela relevait de la justice.

Westpac a affirmé récemment dans son dernier rapport annuel avoir informé l'Austrac qu'elle n'avait pas déclaré correctement "un grand nombre" de transferts internationaux et averti qu'elle pourrait être passible "d'une pénalité financière significative".

Le Premier ministre australien Scott Morrison s'est dit "consterné".

Nicole Rose a indiqué, lors d'une conférence de presse, que les agissments de Westpac relevaient d'"une non-conformité grave et systématique" avec les lois sur le blanchiment d'argent et de financement du contre-terrorisme. Le montant des transactions non déclarées s'élèvent à plus de 11 milliards de dollars australiens (7 milliards de dollars) sur cinq ans, de 2013 à 2018.

Westpac "n'a pas évalué et contrôlé de manière appropriée les risques actuels de blanchiment d'argent et de financement du terrorisme associés aux mouvements d'argent en provenance et à destination de l'Australie via des relations de correspondants bancaires", a-t-elle déclaré.

Le secteur financier australien et son "Big Four" (Commonwealth, NAB, ANZ et Westpac) ont vu leur réputation ternie par des scandales en série ces dernières années, notamment la publication en février d'une enquête épinglant les mauvaises pratiques du secteur financier du pays.