Avec sa Kindle, Amazon casse les prix pour mieux vendre ses livres

C’est l’invité surprise du match de titans que se livrent les géants de l’industrie électronique. Le premier libraire mondial sort une tablette à prix cassé et aux performances tout à fait honorables. Son but : faire de la Kindle un hypermarché mobile.

Jeunes gens affairés, réunions impromptues à la machine à café, amoncellement de cartons dans le hall d’entrée… Une ambiance fiévreuse régnait au siège parisien d’Amazon fin octobre. Normal, la filiale française du plus grand magasin en ligne du monde (48 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2011) n’avait plus que quelques jours pour préparer le lancement en France de la nouvelle tablette Kindle Fire HD. «C’est le moment d’avoir l’esprit commando, admet Romain Voog, le P-DG, très speed. Seulement, je ne peux pas vous donner de détails sur nos objectifs. Même la maison mère n’en donne pas.» Les chiffres sont peut-être secrets – Amazon aurait vendu 2,5 millions de tablettes au troisième trimestre selon le cabinet d’étude IDC, s’adjugeant 9% de parts de marché – mais les ambitions, elles, sont énormes. En septembre à Los Angeles, Jeff Bezos, le fondateur et P-DG d’Amazon, a carrément affirmé que la Kindle Fire HD était la «meilleure de toutes les tablettes».

Sans doute voulait-il signifier la meilleure pour son prix. Car Bezos fait un pari radical : il la vend à prix coûtant, tout l’inverse d’Apple, qui réalise près de 43% de marges brut avec son dernier-né, l’iPad mini. La Kindle Fire HD, qui arbore elle aussi un écran de 7 pouces, soit une diagonale de 18 cm, est disponible à partir de 199 euros (249 euros pour la version 32 Go), alors qu’il faut en ­débourser 339 au minimum pour l’iPad mini. «Amazon veut gagner de l’argent avec son activité historique, les contenus, résume Carolina Milanesi, analyste au cabinet Gartner. Le rôle des Kindle est de stimuler les ventes, sous forme numérique, de livres, de musique ou encore de jeux vidéo et de journaux.» Avec 22 millions d’articles en ...

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