Marchés français ouverture 4 h 3 min

Avant la Française des Jeux, 33 ans de privatisations

S’il y a un sujet qui réunit paradoxalement la droite et la gauche, c’est bien celui des privatisations, la dernière en date étant celle de la Française des Jeux. Au départ, ces opérations sont une réaction aux nationalisations lancées en 1982, lors du premier septennat de François Mitterrand.

À l’époque, cinq groupes industriels (CGE, Saint-Gobain, Pechiney, Rhône-Poulenc, Thomson), trente-neuf banques (CCF, CIC, Crédit du Nord, Rothschild, Worms…) et deux compagnies financières (Paribas et Suez) passent en effet dans le giron de l’État.

Après la victoire de la droite aux élections législatives de mars 1986, Jacques Chirac dirige le premier gouvernement de cohabitation et décide de «dénationaliser», en commençant par Saint-Gobain, première des soixante-cinq privatisations prévues. Cette opération réalisée en décembre 1986 sera d’ailleurs un grand succès populaire avec 1,5 million de personnes à l’appel.

Suivront la CGE (devenue Alcatel Alstom), Matra, une demi-douzaine de banques (Paribas, Suez, Société Générale…) et deux entreprises de communication (Agence Havas et TF1).

Nouvelle vague en 1993

Mais cette vague s’arrête en 1988, avec la réélection de François Mitterrand à la présidence de la République. Michel Rocard, nommé à Matignon, pratique alors la politique du «ni, ni» (ni privatisation, ni nationalisation). Il ouvrira toutefois le capital de Renault en 1990 et celui du Crédit Local de France (futur Dexia) en 1991.

À la faveur des élections législatives de mars 1993, la droite revient au pouvoir. Et, dans le cadre de cette deuxième cohabitation, Jacques Chirac laisse les clés de Matignon à son «ami de trente ans» Édouard Balladur. En trois ans, le gouvernement privatisera sept entreprises et non des moindres : Rhône-Poulenc, BNP, Elf Aquitaine, UAP, Seita, Total et Coface.

Après la victoire de Jacques Chirac à l’élection présidentielle de ...